BIOFIN-CONGO : LE PAYS CHERCHE DE NOUVEAUX FINANCEMENTS POUR PRÉSERVER SA BIODIVERSITÉ

BIOFIN-CONGO : LE PAYS CHERCHE DE NOUVEAUX FINANCEMENTS POUR PRÉSERVER SA BIODIVERSITÉ

Comment financer durablement la richesse naturelle du Congo ? Du 29 septembre au 1er octobre 2026 à Brazzaville, le pays ouvre un nouveau chantier avec le lancement de BIOFIN-Congo, une initiative soutenue par le PNUD et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM/GEF-8). Objectif : élaborer le premier Plan national de financement de la biodiversité et identifier les moyens de transformer les besoins de conservation en investissements concrets.

 

Forêts du Bassin du Congo, tourbières, mangroves, zones humides et espaces marins : ce patrimoine naturel constitue aussi un potentiel économique. BIOFIN doit notamment permettre de mieux comprendre les financements existants, d’identifier les besoins et déficits et de rechercher de nouvelles sources de ressources.

 

DE LA BIODIVERSITÉ À L’INVESTISSEMENT

Pour Adama-Dian Barry, représentante résidente du PNUD au Congo, l’enjeu est de considérer la biodiversité comme un véritable capital naturel au service du développement.

 

« La biodiversité constitue un capital naturel susceptible de soutenir la croissance économique, la création d’emplois, les moyens de subsistance des communautés et la diversification de l’économie congolaise. »

 

Cette approche doit notamment permettre de mieux intégrer la biodiversité dans les priorités du futur PND 2027-2031, en recherchant des investissements publics, privés et internationaux capables de produire des résultats durables.

 

La responsable du PNUD insiste également sur la nécessité de disposer de données fiables pour orienter les décisions : « La donnée devra être au cœur de notre démarche, mais la donnée devra surtout conduire de la décision à l’action. »

 

TROIS AXES POUR ÉVALUER LE FINANCEMENT

La méthodologie BIOFIN repose sur trois piliers : l’analyse des politiques et institutions, l’analyse des dépenses en faveur de la biodiversité et l’évaluation des besoins de financement.

 

Le processus doit également favoriser la coordination entre les administrations, les partenaires techniques et financiers, les institutions bancaires, le secteur privé, les chercheurs et la société civile. Il s’agit notamment de capitaliser sur les initiatives déjà engagées plutôt que de multiplier les dispositifs isolés.

 

Comme l’a résumé Adama-Dian Barry : « Il ne faut pas réinventer la roue. Il faut que nous puissions capitaliser sur tout cela, les répertorier, en vue de les renforcer et de tisser leur complémentarité, pour aller vers moins de fragmentation des efforts et des ressources. »

 

ARLETTE SOUDAN-NONAULT : « UNE QUESTION DE SOUVERAINETÉ »

Pour Arlette Soudan-Nonault, ministre de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement durable, également Secrétaire exécutive de la Commission Climat du Bassin du Congo et du Fonds bleu pour le Bassin du Congo, le financement de la biodiversité constitue un enjeu stratégique.

 

« La question du financement de la biodiversité est aujourd’hui stratégique pour notre pays. Elle est aussi une question de souveraineté. »

 

La ministre appelle surtout à associer au futur plan national un véritable plan d’investissement. Pour elle, c’est une condition essentielle pour transformer les orientations en projets susceptibles d’attirer les financements. « Sans le plan d’investissement nos partenaires et les bailleurs ne peuvent suivre », a-t-elle déclaré.

Elle défend également une évolution de l’approche économique de la biodiversité : « La biodiversité doit muter d’une logique de simple charge financière vers un véritable espace d’investissement, d’innovation, de fiscalité incitative et de création d’emplois verts et bleus. »

DES OPPORTUNITÉS À VALORISER

Écotourisme, bioéconomie, produits forestiers non ligneux, chaînes de valeur vertes et bleues, économie des tourbières, économie des écosystèmes forestiers, mangroves et marché du carbone figurent parmi les pistes évoquées.

Le processus doit aussi intégrer les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec un handicap, les communautés locales et les populations autochtones, afin que la mobilisation des financements tienne compte des réalités des territoires.

Pour le PNUD, le Congo ne part pas de zéro. L’enjeu est désormais de rapprocher les initiatives existantes et de créer les conditions permettant de mobiliser davantage de capitaux privés et de mécanismes financiers innovants.

 

DU DIAGNOSTIC AUX INVESTISSEMENTS

Le comité d’orientation stratégique installé dans le cadre de BIOFIN doit assurer la gouvernance du processus, tandis que l’atelier national doit favoriser l’appropriation de la démarche et la mobilisation des différents acteurs.

 

Le défi est désormais de passer du diagnostic à la décision, puis de la décision aux investissements, afin de faire de la biodiversité un levier durable pour l’économie, les communautés et la résilience du Congo.

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