CORPORATION : 80,5 MILLIARDS FCFA À MOBILISER, LE PARI DE LA CROISSANCE PASSE PAR LES INVESTISSEURS CONGOLAIS
- BanqueÉconomieFinance
- 10 octobre 2026
- Aucun commentaire
- 33
Plus de 80,5 milliards de FCFA à mobiliser, un million d’actions nouvelles annoncées et une ambition affichée : accélérer le développement du groupe BGFIBank. À Brazzaville, le 8 octobre 2026, Henri-Claude OYIMA a défendu la deuxième phase de l’ouverture du capital de BGFI Holding Corporation devant les investisseurs congolais. Derrière cette opération financière, une question centrale : comment les capitaux recherchés se traduiront-ils en croissance, en rentabilité et en financements supplémentaires pour les économies de la région ? Le message du président-directeur général du Groupe BGFIBank est sans détour. Cette nouvelle levée de fonds ne vise pas simplement à consolider l’existant, mais à financer une nouvelle phase de développement. Le groupe veut grandir, étendre ses activités et améliorer ses performances. Reste à transformer cette ambition en résultats mesurables.
80,5 milliards FCFA : le groupe vise 10 % de capital ouvert au public
La deuxième phase de l’opération d’ouverture du capital de BGFI Holding Corporation porte sur 1 006 975 actions nouvelles, proposées à 80 000 FCFA l’unité, pour une mobilisation annoncée de 80 558 000 000 FCFA.
La période de souscription est prévue du 15 septembre au 15 octobre 2026. Le minimum annoncé est fixé à dix actions, soit un investissement de 800 000 FCFA. L’opération est assortie du visa COSUMAF-APE-06/26.
L’objectif est de porter la participation du public dans le capital de la holding à 10 %, contre 3,85 % à l’issue de la première phase. Celle-ci avait permis de mobiliser plus de 45 milliards de FCFA auprès de 7 601 investisseurs répartis dans 24 pays, selon les chiffres présentés par le groupe.
À Brazzaville, cette nouvelle étape a donné lieu à une rencontre avec les investisseurs, en présence notamment de Jean Dominique OKEMBA, président du conseil d’administration de BGFIBank Congo, d’Henri-Claude OYIMA, président-directeur général du Groupe BGFIBank, et de Yvon-Serge FOUNGUI, directeur général de BGFIBank Congo.
Henri-Claude OYIMA : « Notre ambition est de grandir mieux »
Pourquoi solliciter de nouveaux capitaux alors que le groupe affiche des résultats bénéficiaires ? Henri-Claude OYIMA a apporté sa réponse devant les investisseurs.
« Nous n’ouvrons pas le capital parce que nous avons besoin de capitaux pour maintenir notre activité. Nous l’ouvrons parce que nous avons un projet de croissance qui mérite davantage de capital », a-t-il expliqué.
Le dirigeant distingue ainsi le financement des activités existantes de celui d’une stratégie d’expansion. Les fonds recherchés doivent notamment renforcer les fonds propres des différentes entités, soutenir de nouvelles implantations, développer les métiers du groupe et accroître sa capacité à financer les économies dans lesquelles il est présent.
Mais l’ambition affichée ne se limite pas à une progression de la taille du groupe. Elle concerne également sa capacité à convertir ses investissements en résultats.
« Notre ambition n’est pas simplement de grandir, mais de mieux grandir », a déclaré le PDG.
Cette formule résume la logique du programme stratégique BGFI 2030, qui place l’efficacité opérationnelle au cœur de la prochaine phase de développement. Digitalisation, amélioration de la productivité, maîtrise des coûts et meilleure utilisation des ressources figurent parmi les leviers annoncés.
L’enjeu est de parvenir à une croissance rentable et durable, plutôt que de multiplier les implantations sans garantir leur contribution à la performance globale.
112 milliards FCFA de résultat net : la solidité financière mise en avant
Pour soutenir son argumentaire, la direction s’appuie sur les performances enregistrées en 2025. Selon les données communiquées lors de la présentation, le Groupe BGFIBank a réalisé un produit net bancaire consolidé de 133 milliards de FCFA et un résultat net part du groupe de 112 milliards de FCFA. Ces indicateurs constituent les principaux éléments avancés pour défendre la capacité bénéficiaire du groupe et justifier ses ambitions de développement.
Henri-Claude OYIMA insiste toutefois sur la nécessité de regarder au-delà des résultats passés. L’investissement proposé doit, selon lui, permettre aux actionnaires de participer à la prochaine phase de croissance, avec des attentes de transparence, de discipline financière et de performance.
Le programme BGFI 2030 doit notamment améliorer l’efficacité opérationnelle et renforcer la capacité du groupe à transformer ses revenus en bénéfices.
Ces objectifs constituent désormais un enjeu de suivi pour les investisseurs : les capitaux collectés devront se traduire par des réalisations concrètes, une rentabilité maîtrisée et une création de valeur durable.
BGFIBank Congo attend des retombées sur l’économie locale
À Brazzaville, l’opération revêt également une dimension congolaise. Présent dans le pays depuis avril 2000, le Groupe entend maintenir et renforcer les relations établies avec les investisseurs et les acteurs économiques locaux.
Le directeur général de BGFIBank Congo, Yvon-Serge FOUNGUI, a mis l’accent sur les effets attendus de cette nouvelle phase pour la banque et son environnement économique.
« Elle incarne la promesse d’une accélération de notre croissance, d’une modernisation accrue de nos services et d’un renforcement de nos capacités d’accompagnement au cœur de notre économie locale », a-t-il déclaré à propos de l’opération.
Le renforcement des fonds propres doit notamment permettre aux différentes entités du groupe d’accroître leurs capacités d’intervention. Dans son interview, Henri-Claude OYIMA a cité explicitement BGFIBank Congo parmi les structures concernées par cette stratégie.
Le Groupe prévoit également de créer de nouvelles filiales et de renforcer plusieurs métiers dans le cadre de BGFI 2030.
Pour l’économie congolaise, la question dépasse donc la participation au capital d’une holding bancaire. Elle concerne aussi la capacité de la banque à accompagner les entreprises, à soutenir les besoins de financement et à contribuer au développement des activités productives.
Toutefois, l’augmentation de capital ne garantit pas, à elle seule, une hausse automatique des crédits accordés aux entreprises ou une amélioration immédiate des conditions de financement. Ces effets dépendront notamment des choix d’investissement du groupe et de leur mise en œuvre.
Investir dans BGFI : une opportunité, mais aussi un risque
Avec un ticket minimum annoncé de 800 000 FCFA, l’opération s’adresse aux investisseurs disposant d’une capacité financière suffisante pour acquérir des actions. Le Groupe mise notamment sur la participation des investisseurs congolais, déjà présents lors de la première phase.
Le PDG du Groupe BGFIBank a appelé ces derniers à prendre part à la nouvelle étape de développement du groupe. Il a également mis en avant l’importance de l’épargne institutionnelle de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dans le financement des entreprises de la région.
L’opération s’inscrit ainsi dans un enjeu plus large : développer le marché financier régional et encourager les investisseurs à participer au financement des entreprises africaines.
Mais une souscription en actions reste un investissement exposé aux risques. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs, et les dividendes éventuels ne sont jamais assurés. Avant toute décision, les investisseurs doivent examiner les documents officiels de l’opération, les conditions de souscription et les risques associés.
Le prix de 80 000 FCFA par action annoncé pour cette nouvelle phase ne suffit pas, à lui seul, à déterminer si l’investissement est avantageux. La valeur de l’action dépend notamment des résultats futurs, de la situation financière du groupe et de l’évolution du marché.
BGFI 2030 : les résultats devront confirmer les ambitions
Dans la capitale congolaise, le message de la direction est clair : le Groupe veut s’appuyer sur de nouveaux capitaux pour accélérer sa croissance, développer ses activités et améliorer sa rentabilité.
Mais au-delà des annonces, le véritable test sera celui de l’exécution. Les investisseurs devront pouvoir apprécier les nouvelles implantations, l’évolution des résultats, l’efficacité opérationnelle et la contribution des différentes filiales aux performances du groupe.
Pour BGFIBank Congo, l’enjeu sera également de démontrer comment le renforcement des capacités financières peut soutenir concrètement l’accompagnement des entreprises et de l’économie locale.
Les 80,558 milliards de FCFA recherchés constituent un objectif de mobilisation. La création de valeur, elle, devra se vérifier dans les résultats.
« Nous n’ouvrons pas le capital parce que nous avons besoin de capitaux pour maintenir notre activité. Nous l’ouvrons parce que nous avons un projet de croissance qui mérite davantage de capital », a-t-il expliqué.
« Elle incarne la promesse d’une accélération de notre croissance, d’une modernisation accrue de nos services et d’un renforcement de nos capacités d’accompagnement au cœur de notre économie locale », a-t-il déclaré à propos de l’opération.