Langues maternelles : À l’Institut Thomas Ndandou, la diversité culturelle s’enseigne et se transmet
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- 23 février 2026
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À Brazzaville, l’Institut Thomas Ndandou, site de Poto-Poto, a organisé la 2ᵉ édition de la Journée de la diversité culturelle à travers un Festival de la langue maternelle, placé sous le signe de la transmission, de l’identité, du respect des valeurs ancestrales et de la valorisation des cultures locales et des langues nationales.
Déployée sur plusieurs sites de l’établissement les 19 et 20 février 2026 à Moussosso (Mayanga/Madibou, 8ᵉ arrondissement) et à Mfilou (7ᵉ arrondissement), cette initiative éducative a connu son temps fort le 21 février 2026, lors de la cérémonie centrale organisée à Poto-Poto. Une organisation progressive qui a favorisé l’implication des apprenants de tous les cycles de l’enseignement général que regroupe l’Institut Thomas Ndandou.
Quand l’école devient un lieu de mémoire vivante

Comme sur les autres sites, à Poto-Poto, les élèves ont pris part à des activités mêlant élocution, danse, cuisine traditionnelle, proverbes et poésie.
L’objectif était clair : redonner une place centrale aux langues maternelles dans le parcours éducatif et reconnecter les apprenants à leurs racines culturelles.
Moment marquant de cette édition, la démonstration de la cuisson traditionnelle du manioc, réalisée devant les élèves, de la préparation des tubercules jusqu’à la cuisson.
Un processus présenté comme un véritable cycle, illustrant la patience et le savoir-faire nécessaires à la transformation de cet aliment de base.
Les apprenants ont également découvert diverses pratiques culturelles observées dans les quatre coins du pays — Nord, Sud, Est et Ouest — notamment l’usage de différentes feuilles dans les activités ménagères et culinaires.

Savoirs du terroir et symboles culturels
La Journée de la diversité a aussi été un espace de découverte des richesses du terroir et des savoirs traditionnels.
La tortue, appelée Mfoulou Nata bala, a été présentée comme un symbole fort : sa carapace, perçue comme sa maison, est associée à la protection dans certaines traditions.

D’autres éléments ont été évoqués, notamment le Pemba, utilisé pour la protection, ou encore le Wumi, un fruit réservé aux soins traditionnels, le panier (litunga en lingala). Des connaissances transmises dans un cadre pédagogique, favorisant la compréhension et le respect du patrimoine culturel.
Aussi, des présentations ont été faites dans diverses langues maternelles telles que : le lingala, le lari, le kituba (ou munukutuba), le téké (et ses variantes), le mbochi, le kouyou, le vili, etc.
Des élèves acteurs de leur culture
Pour Kabounga Kala Emmanuel, élève en classe de 5ᵉ, cette journée a été une expérience marquante :
« J’ai beaucoup appris, surtout sur ma langue maternelle. Cette journée m’a permis d’aller au fond de ma culture. »
De langue maternelle lari, il a partagé avec ses camarades un proverbe : « Ma koutou ka ma yo kaka mu tou ko », signifiant : « Quelles que soient la longueur des oreilles, elles ne dépasseront jamais la tête », un enseignement centré sur le respect des parents et des aînés.
Même enthousiasme chez Khoumou Nana Thania, élève en Première scientifique :
« Cette journée m’a donné l’envie d’apprendre davantage ma langue maternelle et d’encourager aussi mes camarades. »
Si le français demeure, selon elle, la langue des études et du travail, les langues maternelles restent indispensables à la préservation de l’identité.
Une vision éducative assumée
Promoteur et directeur général de l’établissement, Charles Faustin Baki Bantsimba a expliqué la philosophie de cette initiative : « L’éducation ne peut pas être complète si elle se limite uniquement au programme officiel. La culture et les arts font partie intégrante de la formation de l’enfant. »
Les élèves ont bénéficié de deux semaines de préparation, travaillant à domicile avec l’appui des parents et des grands-parents, avant de restituer leurs apprentissages en langue maternelle.

« Des enfants qui ne savaient dire aucun mot dans leur langue maternelle ont aujourd’hui présenté des exposés complets », se félicite-t-il.
Un regard pédagogique salué

Présente à la cérémonie du 21 février, Arlette Mireille Nkounkou, inspectrice-chef de la circonscription scolaire de Moungali 1, a salué l’initiative : « la pédagogie ne se limite pas aux enseignements classiques. Les journées culturelles font partie intégrante de la formation. »
Elle rappelle l’importance de sensibiliser les enfants aux langues maternelles, soulignant qu’« un enfant qui ne connaît pas sa langue maternelle est un enfant en perte de repères ».
Préserver l’identité, accompagner la modernité

Avec cette deuxième édition, l’Institut Thomas Ndandou confirme sa volonté de faire de l’école un espace de transmission culturelle, où la modernité s’accompagne du respect des racines.
Un message clair adressé à la jeunesse congolaise : avancer vers l’avenir sans rompre avec son identité.
Promoteur et directeur général de l’établissement, Charles Faustin Baki Bantsimba a expliqué la philosophie de cette initiative : « L’éducation ne peut pas être complète si elle se limite uniquement au programme officiel. La culture et les arts font partie intégrante de la formation de l’enfant. »