MT180 CONGO : PRISQUE MICHELLE NSEMBANI CONVAINC ET DÉCROCHE LE TICKET INTERNATIONAL
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- 12 septembre 2026
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180 secondes, pas une de plus. Treize (13) doctorants face au jury, une seule place à décrocher pour représenter le Congo à l’international. Vendredi 11 septembre, l’auditorium de l’Université Marien-Ngouabi, à Brazzaville, s’est transformé en scène de vulgarisation scientifique à l’occasion de la finale nationale de la troisième édition de « Ma thèse en 180 secondes » (MT180). Pendant trois minutes, les finalistes ont dû vulgariser leurs recherches, capter l’attention du public et convaincre le jury. Santé, chimie, pharmacologie, économie, sciences humaines et sociales : leurs travaux ont couvert des domaines scientifiques aussi variés que passionnants. Organisée par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), avec l’appui de l’Université Marien-Ngouabi et de l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation (ANVRI), cette finale a réuni cinq femmes parmi les candidats en lice, tous venus tenter de décrocher leur qualification pour la scène internationale.
À l’issue de cette compétition de vulgarisation scientifique, NSEMBANI Prisque Michelle s’est imposée au terme des prestations des finalistes. Elle représentera ainsi la République du Congo à la finale internationale du concours, qui réunit des doctorants francophones venus de différents horizons.

Son travail a porté sur la chimie et la technologie des extraits de plantes bioactives, avec un intérêt particulier pour la valorisation des plantes congolaises dans la lutte contre les maladies de la peau. Une recherche qu’elle a dû présenter avec des mots simples, tout en respectant l’exercice particulièrement exigeant du chronomètre.
« Le plus dur, c’est qu’il fallait expliquer avec des mots simples pour que le public puisse comprendre ce que l’on fait, tout en ayant un chrono à l’appui », a-t-elle expliqué.
Pour la lauréate, cette expérience a constitué un véritable exercice de dépassement de soi. Habituée aux présentations scientifiques de plusieurs minutes, elle reconnaît avoir dû adapter sa méthode de travail pour tenir en seulement 180 secondes.
« Trois minutes, c’est vraiment un exercice assez compliqué », a-t-elle confié, évoquant une préparation marquée par le stress, les répétitions et la nécessité de constamment ajuster son discours.
UNE COMPÉTITION, QUATRE DISTINCTIONS
La compétition a également récompensé Jeantia Matoko Badila, arrivée deuxième, et Jean-Baptiste Banzouzi, classé troisième par le jury. Le prix du public est revenu à Célie Léoda Moungouya Moukassa, consacrant ainsi quatre profils au terme de cette finale nationale.
Pour l’AUF, l’enjeu dépasse donc la seule compétition. Il s’agit aussi d’apprendre aux jeunes chercheurs à sortir du langage exclusivement académique pour faire comprendre l’utilité de leurs travaux à un public plus large.
Monsieur Wolfgan MOUBOUYOU MABIKA, Chargé de projets numériques à l’AUF Congo, a rappelé que le concours s’adresse principalement aux doctorants ainsi qu’aux jeunes docteurs ayant soutenu leur thèse depuis moins de douze mois.
Cette édition a démarré avec 71 candidatures, toutes issues de l’Université Marien-Ngouabi, qui offre des formations doctorales via ses Facultés.
Au-delà du concours, les finalistes ont également profité de la tribune pour adresser un message à la jeunesse congolaise, dans un contexte où les difficultés d’insertion professionnelle peuvent décourager certains étudiants de poursuivre de longues études.
Classé 3è, Jean-Baptiste Banzouzi a invité les jeunes à regarder au-delà des difficultés immédiates. Il pense que : « Le problème, c’est de ne pas voir le présent mais voir le futur ». Le jeune chercheur estime que les conditions difficiles ne doivent pas conduire à renoncer aux ambitions scientifiques. « Les jeunes doivent se lever, continuer à avancer et à croire à leurs ambitions. »
Une conviction également partagée par la lauréate nationale, qui a appelé les jeunes à faire confiance à leur potentiel et à leur vision.
« Lorsqu’on a une vision, on se bat pour y arriver. »
LA RECHERCHE AU SERVICE DE LA SOCIÉTÉ
Présente à la cérémonie d’ouverture aux côtés des ministres chargés de la Communication et des Médias, Thierry Lézin Moungalla, et de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, Rigobert Maboundou, la ministre de l’Enseignement Supérieur, Pr Edith Delphine Emmanuel, a salué une initiative qui rapproche la recherche du grand public. Elle a notamment rappelé que le doctorat ne doit pas être réduit à l’acquisition d’un titre universitaire, mais doit préparer des chercheurs capables de répondre aux défis du pays.
« Former un docteur, ce n’est pas seulement former un spécialiste, c’est former une femme ou un homme capable de produire de nouvelles ressources, d’analyser les défis de notre société, de proposer des solutions, d’innover et de contribuer à la transformation de notre économie et de notre société », a-t-elle précisé.
Pour la ministre, MT180 constitue précisément une passerelle entre le monde scientifique et la société, en donnant aux doctorants l’occasion de transformer des travaux parfois complexes en messages compréhensibles et utiles.
« Nous devons développer une véritable culture de la vulgarisation, de la valorisation et du transfert des connaissances dans le sens de la recommandation du UNESCO sur la science ouverte », a insisté la ministre de l’Enseignement Supérieur.
Elle a par ailleurs souligné que la prochaine étape de la lauréate sera internationale. Son sacre ne représente donc pas uniquement son université, mais l’ensemble de la République du Congo. Elle voit dans cette participation une occasion de renforcer les échanges entre chercheurs francophones et de mieux faire connaître les travaux scientifiques réalisés au Congo.
« Le Concours international de la thèse 180 secondes ne devrait pas simplement être un rendez-vous annuel, il devrait servir de levier pour le développement durable de la communication scientifique en République du Congo », a soutenu la Pr Edith Delphine Emmanuel.
Avec cette qualification, Prisque Michelle NSEMBANI porte désormais les couleurs du Congo au-delà de ses frontières. Trois minutes auront suffi pour ouvrir la porte à une nouvelle étape : celle de la scène scientifique francophone internationale.
©️ SAMVY & Rédaction PANORAMIK-ACTU