CONGO : AMCEZ à Brazzaville – Vers un cadre national renforcé pour la conservation de la biodiversité

CONGO : AMCEZ à Brazzaville – Vers un cadre national renforcé pour la conservation de la biodiversité

La République du Congo franchit une nouvelle étape dans sa politique de protection de l’environnement avec l’accélération du processus d’institutionnalisation des Autres Mesures de Conservation Efficaces par Zone (AMCEZ). Un atelier stratégique s’est tenu le 20 mai 2026 à Brazzaville, réunissant autorités publiques, experts environnementaux, partenaires techniques et organisations de conservation. Organisée par le ministère de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement Durable (MEBCDD), cette rencontre vise à structurer un cadre national de reconnaissance et de gestion des AMCEZ, à travers l’harmonisation et l’analyse des données, des méthodes d’évaluation et des outils de suivi.

 

À l’ouverture des travaux, la ministre de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement Durable, Arlette SOUDAN-NONAULT, a replacé cette initiative dans le cadre des engagements environnementaux du pays.

Elle a déclaré : « La tenue de cet atelier intervient dans un contexte national particulier marqué par la consolidation de la stabilité institutionnelle de notre pays et par la volonté de faire de la gestion durable des ressources naturelles et de la préservation de notre capital écologique une priorité quinquennale ».

 

Les AMCEZ s’inscrivent dans la dynamique internationale de l’objectif “30×30”, issu de l’Accord de Kunming-Montréal sur la biodiversité, qui vise la conservation et la protection de 30 % des terres et des espaces marins d’ici 2030. Elles permettent de reconnaître des zones naturelles protégées ainsi que des initiatives communautaires contribuant à la préservation des écosystèmes.

Selon WWF Congo, ces mécanismes constituent un outil complémentaire essentiel aux aires protégées classiques, en intégrant des espaces déjà conservés par les communautés locales et les peuples autochtones.

La directrice nationale du WWF Congo, Karine Abibi Zelo, a souligné l’importance d’une approche inclusive face aux défis environnementaux croissants.

Elle a affirmé : « Face aux défis croissants liés à la perte de la biodiversité, au changement climatique et aux pressions sur les ressources naturelles, il devient indispensable de renforcer nos mécanismes de conservation à travers des approches plus inclusives, efficaces et adaptées à nos réalités nationales ».

 

Le projet « People Powering Biodiversity », soutenu par le Fonds Bezos pour la Terre, accompagne déjà l’identification de zones à fort potentiel AMCEZ dans le paysage TRIDOM Inter-zone Congo (ETIC), avec l’implication active des communautés locales et des peuples autochtones.

Pour les autorités congolaises, le principal défi reste la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel solide permettant de garantir la reconnaissance officielle et la gestion durable de ces espaces.

La ministre a mis en garde contre l’urgence d’agir : « L’absence d’un cadre normatif, institutionnel et réglementaire pourrait compromettre nos efforts et limiter la reconnaissance officielle de ces espaces de conservation ».

 

À l’issue de l’atelier, les participants devront formuler des recommandations techniques et opérationnelles en vue de bâtir un mécanisme national structurant dédié aux AMCEZ en République du Congo. D’où l’urgence d’agir ensemble pour acter cette tendance.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique régionale et internationale de lutte contre le changement climatique et de protection de la biodiversité dans le Bassin du Congo, l’un des plus importants réservoirs écologiques de la planète.

©️ MALASS & PANO PANO

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