SIMANDOU 2040 : COMMENT LA GUINÉE VEUT PASSER DU GÉANT MINIER À LA FUTURE PUISSANCE ÉCONOMIQUE AFRICAINE
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- 19 mai 2026
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À quelques jours des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement à Brazzaville, la Guinée affiche une ambition claire : transformer le projet Simandou en moteur d’une mutation économique sans précédent. Entre infrastructures géantes, industrialisation accélérée et quête de stabilité, Conakry veut désormais changer de dimension et s’imposer comme l’un des futurs pôles de croissance du continent africain.
Dans un entretien accordé aux journalistes africains, le Premier ministre Amadou Oury Bah a défendu la vision portée par le président Mamadi Doumbouya, à la veille de la remise du Super Prix Grand Bâtisseur-Trophée Babacar Ndiaye 2026 décerné par The Africa Road Builders.
Pour les autorités guinéennes, Simandou 2040 dépasse largement le cadre d’un simple projet minier. Le programme est présenté comme le socle d’une nouvelle architecture économique nationale capable de repositionner la Guinée dans les grands circuits africains et internationaux de production, de transport et d’investissement.
« Le Transguinéen qui a été réalisé ainsi, en moins de trois années, c’est une prouesse pharaonique », a déclaré Amadou Oury Bah.
Au cœur de cette stratégie figure un gigantesque corridor logistique comprenant un chemin de fer de 670 kilomètres, un port minéralier en eau profonde ainsi qu’un vaste réseau d’infrastructures destinées au transport des minerais, des marchandises et des voyageurs.
Mais Conakry voit plus loin que l’exploitation des ressources naturelles. Les autorités veulent utiliser Simandou comme levier pour accélérer l’industrialisation, moderniser les infrastructures énergétiques, développer les routes, renforcer les services sociaux et attirer de nouveaux investissements internationaux.

« Nous pouvons réussir et nous avons fait le Simandou », a affirmé le Premier ministre, convaincu que cette dynamique peut tourner définitivement la page de plusieurs décennies de fragilité économique et d’instabilité.
À travers cette transformation, la Guinée ambitionne de devenir un futur hub économique régional capable de rivaliser avec certaines économies émergentes africaines.
« La Guinée des années à venir pourrait compter parmi les principaux pays émergents du continent africain », a soutenu Amadou Oury Bah, tout en insistant sur l’importance de préserver la stabilité politique et sociale pour sécuriser cette trajectoire.
Au-delà de la Guinée, les autorités veulent faire de Simandou 2040 un symbole continental démontrant que l’Afrique peut bâtir sa croissance sur ses propres ressources, ses infrastructures et sa vision stratégique de long terme.
« Le sous-développement n’est pas inscrit de manière irrémédiable comme un trait marquant de l’ADN des Africains », a conclu le Premier ministre.
©️ Photos : @Hluc01 | HLUC – Pierre Haba