CONGO/500 JEUNES, 8 SEMAINES, UN DÉFI : FAIRE DE L’IA UN PASSEPORT VERS L’EMPLOI

CONGO/500 JEUNES, 8 SEMAINES, UN DÉFI : FAIRE DE L’IA UN PASSEPORT VERS L’EMPLOI

À Brazzaville, 500 jeunes Congolais se forment à l’intelligence artificielle avec un objectif : transformer leurs compétences numériques en opportunités professionnelles. Lancée officiellement le 19 octobre 2026, sous le patronage du ministre de l’Emploi, de l’Entrepreneuriat et de la Formation qualifiante, Rodrigue Charles Malanda Samba, cette initiative du Fonds national d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage (FONEA), en partenariat avec la Fondation BantuHub, mise sur le numérique pour renforcer l’employabilité et stimuler l’entrepreneuriat.

L’engouement est manifeste : 924 candidatures ont été enregistrées en dix jours pour 500 places disponibles, selon Corneil Moukala Moukoko, directeur de cabinet du ministre. Âgés de 18 à 40 ans, les bénéficiaires comprennent des étudiants, des demandeurs d’emploi, des salariés désireux de renforcer leurs compétences et des jeunes entrepreneurs.

Du 20 octobre à la mi-décembre 2026, ils suivront gratuitement une formation en intelligence artificielle, avec une certification annoncée à l’issue du parcours.

Cinq modules pour passer de la théorie à la pratique

Présenté par le directeur exécutif de la Fondation BantuHub, le programme s’articule autour de cinq modules pratiques répartis en seize groupes, pour un total de vingt heures de formation en présentiel par groupe. Au menu : maîtrise de l’IA générative, optimisation des candidatures à l’emploi, développement de projets entrepreneuriaux et sécurité numérique…

Les apprenants découvriront notamment comment rédiger un CV et une lettre de motivation adaptés à une offre, simuler un entretien de recrutement, analyser un marché, structurer un modèle économique ou encore estimer la rentabilité d’une activité. La protection des données personnelles et confidentielles, la sécurisation des comptes et l’identification des contenus artificiels ou manipulés compléteront cet apprentissage.

L’ambition est de leur permettre d’utiliser ces outils avec méthode et discernement, au-delà d’une simple découverte technologique.

L’IA, un levier pour créer de la valeur

Pour Patrick Robert Ntsibat, directeur général du FONEA, l’enjeu est de préparer les jeunes à prendre une part active dans cette transformation technologique.

« Notre ambition […] est de former 500 jeunes de Brazzaville, non pas à subir la révolution de l’Intelligence Artificielle mais à en devenir des acteurs, des producteurs et des bénéficiaires économiques », a-t-il déclaré lors du lancement.

Cette initiative intervient alors que le Congo cherche à accélérer sa transformation numérique et à diversifier son économie. Citant le rapport de la GSMA publié en juin 2026 sur la transformation numérique en République du Congo, le directeur général du FONEA a évoqué un potentiel de 870 milliards de FCFA de valeur économique additionnelle et de plus de 144 000 emplois à l’horizon 2030, sous réserve de réformes ciblées et d’un renforcement des compétences.

Le programme pourrait ensuite être étendu à Pointe-Noire, avant une nouvelle session à Brazzaville, selon les annonces faites par le représentant du ministre.

Des compétences à convertir en emplois

La participation des jeunes femmes constitue également un enjeu. Selon les chiffres communiqués par Corneil Moukala Moukoko, elles ne représentent qu’environ un quart des candidatures. Le responsable a donc appelé à une mobilisation plus importante pour les prochaines sessions.

 

Aux bénéficiaires, il a rappelé que la maîtrise de l’IA peut devenir un avantage professionnel décisif : « L’intelligence artificielle ne remplacera pas l’intelligence humaine. Elle récompensera ceux qui savent s’en servir. »

 

Au-delà de la formation et de la certification, le véritable défi sera celui des résultats : permettre aux jeunes de valoriser leurs acquis, d’accéder à des emplois, de développer leurs activités et de créer de nouvelles opportunités économiques. Car apprendre à utiliser l’intelligence artificielle n’est qu’un début ; savoir en tirer une valeur durable fera toute la différence.

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