CONGO/MALADIES NON TRANSMISSIBLES : BRAZZAVILLE MISE SUR LA COORDINATION POUR AMÉLIORER LA PRISE EN CHARGE
- Santé
- 15 octobre 2026
- Aucun commentaire
- 107
Au Congo, le dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète ne garantit pas toujours l’accès aux traitements. Pour remédier à cette insuffisance, les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) veulent renforcer la coordination des interventions. Un atelier de deux jours, ouvert le 15 octobre 2026 à Brazzaville, vise à mettre en place un cadre de concertation technique pour suivre les stratégies PEN et les actions contre les maladies non transmissibles (MNT) et les troubles de santé mentale.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Pr Henri Germain MONABEKA, Directeur général des Soins et Services de santé (DGSSSa), du Dr Judicaël PASSI-LOUAMBA, délégué du représentant de l’OMS au Congo, et de la Dr Stély Grâce Elvire LEZA, directrice de l’Épidémiologie et de la Lutte contre les maladies au ministère de la Santé et de la Population.
Des indicateurs préoccupants
Les MNT représentaient 39 % des décès au Congo en 2019. Selon l’enquête STEPS réalisée à Brazzaville, 32 % des adultes étaient hypertendus et 7 % de la population cible était concernée par le diabète. Au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville, l’hypertension a été retrouvée chez 80 % des patients explorés pour un accident vasculaire cérébral ischémique.
Les données WHOPEN révèlent une autre difficulté : seuls 48,5 % des patients dépistés pour l’hypertension et 40,7 % des personnes identifiées comme diabétiques dans les centres de santé intégrés reçoivent effectivement un traitement.
Le Pr MONABEKA a également relevé les diagnostics tardifs, la concentration des soins à Brazzaville et Pointe-Noire, l’indisponibilité de certains médicaments essentiels et le poids des dépenses supportées par les ménages.
À ces maladies s’ajoutent les cancers, la drépanocytose, les maladies rénales chroniques et les troubles mentaux, dans un contexte où le paludisme, la tuberculose et le VIH demeurent présents.
Des stratégies à mieux coordonner
Avec l’appui de l’OMS, la stratégie WHO-PEN est déployée depuis 2023 dans les centres de santé intégrés de sept départements. La stratégie PEN-Plus, engagée depuis octobre 2024, a été expérimentée à partir de juin 2026 dans le district sanitaire de Makélékélé. Le Congo figure parmi les vingt (20) pays africains bénéficiant de ressources pour sa mise en œuvre. Le programme mhGAP complète ces interventions en santé mentale.
Depuis le 1er juillet 2023, la Caisse d’assurance maladie universelle (CAMU), instituée par la loi n° 19-2023, prévoit également la prise en charge de l’hypertension et du diabète dans son panier de soins.
Pour le DGSSSa, ces acquis doivent être consolidés. « Ce cadre ne doit pas être un comité de plus. Il sera jugé sur ses résultats : des sessions tenues, des recommandations effectivement mises en œuvre, des médicaments traceurs disponibles et des patients mieux pris en charge, au plus près de leur domicile », a-t-il déclaré.
Les travaux doivent permettre d’évaluer les interventions des programmes nationaux concernés, d’examiner les difficultés rencontrées et de définir des orientations communes. Trois priorités (0) sont annoncées : élaborer un plan stratégique national de lutte contre les MNT, réaliser une nouvelle enquête STEPS et plaider pour l’inscription des médicaments essentiels contre ces maladies dans le panier de soins de la CAMU.
L’OMS appelle à une action durable
Dans un message lu par le Dr Passi-Louamba Cyr-Judicaël, le représentant de l’OMS au Congo, le Dr Vincent SODJINOU, a rappelé que la proportion des décès attribués aux maladies non transmissibles dans la Région africaine est passée de 24 % en 2000 à 35,4 % en 2021.
L’OMS souhaite que le cadre facilite le dialogue entre les acteurs, le partage d’informations et l’élaboration de solutions concertées. Le Dr SODJINOU a notamment insisté sur la nécessité de renforcer le suivi des stratégies PEN et de faciliter l’accès aux soins.
« Les enjeux majeurs seront de veiller au suivi de la mise en œuvre des stratégies PEN et faciliter l’accès aux soins et services, notamment l’accès aux médicaments et équipements de premières nécessité afin de garantir la couverture sanitaire universelle », a-t-il souligné.
L’OMS a enfin réaffirmé sa disponibilité à accompagner les autorités congolaises et leurs partenaires dans cette démarche. Le principal défi reste de transformer le dépistage en prise en charge effective, grâce à des traitements accessibles et à un suivi renforcé des patients.