CONGO | ARCHITECTURE : ALAIN S. NDONGO VEUT METTRE FIN AUX CONSTRUCTIONS SANS ARCHITECTE
- ArchitectureArchitecture & UrbanismeGouvernanceSociété
- 16 octobre 2026
- Aucun commentaire
- 150
Urbanisation, qualité des bâtiments, encadrement de la profession : le nouveau président de l’Ordre des Architectes du Congo (OAC), Alain Symphorien NDONGO (ASN) , entend replacer l’architecte au cœur des politiques de construction. Élu le 26 septembre 2026 à Brazzaville, il mise sur le dialogue avec les pouvoirs publics et le respect des règles professionnelles pour améliorer le cadre de vie des Congolais.
« Chacun construit comme il veut. »
Le constat d’Alain Symphorien Ndongo est sans détour. Pour le nouveau président de l’OAC, le développement urbain ne peut durablement reposer sur des constructions réalisées sans accompagnement professionnel ni vision cohérente de l’aménagement. Son ambition : faire davantage reconnaître le rôle de l’architecte dans la conception des logements, des bâtiments publics et des infrastructures.
L’architecte, au cœur du cadre de vie
« Pour comprendre le métier d’architecte, il suffit de comprendre l’homme », explique-t-il. Au-delà des plans et des façades, l’architecture touche directement aux conditions de vie des populations : habiter, dormir, se laver, se nourrir ou encore circuler dans un espace adapté à ses besoins.
« Le citoyen congolais en milieu urbain a besoin d’un espace aménagé, digne de ce nom », insiste le président NDONGO. Pour lui, la qualité architecturale ne relève donc pas du luxe. Elle constitue un enjeu de confort, de sécurité et de durabilité, alors que les villes congolaises poursuivent leur expansion.
Le nouveau président déplore notamment le caractère largement informel du secteur de la construction.
« Aujourd’hui, cette industrie est à un niveau informel. Chacun construit comme il veut », observe-t-il. Une situation qui, selon lui, appelle une meilleure intégration des compétences des architectes dans les projets immobiliers et d’aménagement.
Son objectif est de mobiliser les professionnels et de renforcer les échanges avec les institutions publiques. « Nous allons renouer avec les décideurs, avec tous les acteurs pour que nos villes, nos bâtiments soient de qualité », annonce-t-il.
Les ministères chargés de la construction, de l’urbanisme, de l’habitat, de l’équipement et des travaux publics figurent parmi les interlocuteurs concernés par cette démarche.
La loi doit se traduire dans les pratiques
L’autre chantier concerne l’encadrement de la profession. La loi n° 10-2025 du 28 mai 2025 relative au titre et à l’exercice de la profession d’architecte ainsi qu’à l’architecture en République du Congo constitue un cadre juridique important. Mais son application effective reste un enjeu central pour la structuration du secteur.
Plusieurs textes d’application sont attendus, notamment ceux portant sur le code des devoirs professionnels, le barème des honoraires et la protection, la conservation, la réhabilitation ou la restauration des sites protégés, des monuments historiques et du patrimoine architectural.
Pour ASN, la reconnaissance de la profession doit aller de pair avec le respect des obligations qui l’encadrent. Il rappelle une règle fondamentale : « Nul ne peut exercer le métier d’architecte s’il n’est inscrit dans le tableau. »
L’OAC prépare actuellement son 11ème tableau, un outil essentiel pour identifier les professionnels habilités à exercer. L’inscription repose notamment sur la formation en architecture et une expérience pratique au sein d’un cabinet agréé. Le renforcement de cet encadrement doit contribuer à mieux distinguer l’intervention des architectes qualifiés des pratiques non conformes aux exigences du métier.
Construire aujourd’hui pour les générations futures
Architecte de formation, titulaire d’un diplôme obtenu à Kiev en 1993 et d’un doctorat soutenu en 1999 à l’Université nationale de construction et d’architecture de Kiev, Alain S. Ndongo possède également une expérience dans les grands travaux, la direction d’organismes professionnels et l’enseignement supérieur. Membre de l’OAC depuis 2004, il connaît les défis de la profession et les attentes liées à son évolution.
Sa vision s’inscrit dans la durée. « Ce que nous faisons a une durée de vie minimum de 100 ans », affirme-t-il, en invitant à penser les constructions au-delà des besoins immédiats. Il cite les pyramides d’Égypte pour illustrer la capacité d’un ouvrage à traverser les siècles et à devenir un patrimoine transmis aux générations suivantes.
Le président de l’OAC appelle ainsi les architectes à être davantage présents dans les projets et à produire des réponses concrètes aux besoins des populations. « Si un architecte est stérile, il n’est plus utile. Les architectes doivent être productifs », lance-t-il, dans un appel à l’engagement et à la créativité de ses confrères.
Le défi est désormais de transformer cette ambition en actions : faire appliquer les textes, renforcer la place des professionnels dans les projets de construction et établir un dialogue durable avec les décideurs. Pour l’OAC, l’enjeu dépasse la défense d’un métier : il s’agit de contribuer à bâtir des villes plus fonctionnelles, des logements mieux conçus et un cadre de vie plus digne pour les Congolais.
Son objectif est de mobiliser les professionnels et de renforcer les échanges avec les institutions publiques. « Nous allons renouer avec les décideurs, avec tous les acteurs pour que nos villes, nos bâtiments soient de qualité », annonce-t-il.