ENAM (Congo): L’OUVERTURE DES JURYS À DES EXPERTS EXTÉRIEURS RÉVÈLE LA FORCE DE L’EXPERTISE SCIENTIFIQUE DE L’UNIVERSITÉ MARIEN NGOUABI
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- 25 juin 2026
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Une évolution discrète mais significative est en cours à l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) en République du Congo. À l’occasion des soutenances de mémoires de master de la première cohorte de l’année académique 2024-2025, achevées le 21 juin dernier à Brazzaville, l’établissement a franchi une étape importante en associant à ses jurys des enseignants-chercheurs issus d’autres composantes de l’Université Marien Ngouabi ainsi que des professionnels expérimentés de l’administration publique.
Cette orientation marque une évolution dans l’organisation des évaluations académiques et témoigne d’une volonté de consolider les liens entre formation universitaire et pratique administrative.
UNE NOUVELLE DYNAMIQUE PORTÉE PAR LA GOUVERNANCE ACTUELLE
Relevant de l’Université Marien Ngouabi, l’ENAM assure la formation des futurs cadres de l’administration publique congolaise. Depuis mai 2025, l’établissement est dirigé par le Professeur Yvon-Pierre NDONGO IBARA, nommé par le décret n°2025-193 du 30 mai 2025.
Sous son impulsion, l’école semble privilégier une approche davantage ouverte sur son environnement universitaire. Selon plusieurs sources administratives concordantes, cette orientation vise à renforcer les interactions avec les autres structures de l’Université Marien Ngouabi et à favoriser une meilleure circulation des compétences académiques.
UNE PARTICIPATION ÉLARGIE DES ENSEIGNANTS-CHERCHEURS
L’examen de la composition des jurys révèle la présence d’enseignants-chercheurs provenant de plusieurs établissements de l’Université Marien Ngouabi, notamment l’École Normale Supérieure (ENS), la Faculté de droit (FD), la Faculté des Sciences et Techniques (FST), la Faculté des Sciences de la Santé (FSSA), la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH), l’Institut Supérieur de Gestion (ISG) et l’Institut Supérieur d’Éducation Physique et Sportive (ISEPS).
Cette diversité de profils académiques apporte aux soutenances des regards complémentaires et enrichit l’appréciation des travaux présentés par les élèves. Elle favorise également les échanges entre disciplines et contribue à une meilleure valorisation des expertises disponibles au sein de l’université.
L’APPORT DES PROFESSIONNELS DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE
L’autre caractéristique marquante de ces soutenances réside dans la participation de praticiens expérimentés aux côtés des universitaires. Inspecteurs des impôts, inspecteurs des douanes, inspecteurs du Trésor, administrateurs des services administratifs et financiers (SAF), magistrats ou encore hauts cadres de l’administration ont été associés aux travaux des jurys, parfois comme membres, parfois comme co-directeurs de mémoire.
Leur contribution permet d’éclairer les analyses des élèves à partir de situations concrètes rencontrées dans l’exercice des missions publiques. Elle offre également un regard professionnel sur des problématiques liées à la gouvernance, aux finances publiques, à la gestion administrative ou aux politiques publiques.
UN OUTIL D’AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ DES FORMATIONS
Selon les informations recueillies par le média numérique PANORAMIK-ACTU, cette démarche participe également à une logique de renforcement de la qualité académique.
La présence d’évaluateurs extérieurs à l’établissement favorise un regard indépendant sur les travaux produits et permet d’apprécier l’adéquation entre les objectifs pédagogiques, les méthodes d’encadrement et les résultats obtenus par les étudiants.
Dans les systèmes modernes d’enseignement supérieur, ce type de regard croisé constitue un levier reconnu d’amélioration continue des formations et de consolidation des standards académiques.
UNE ORIENTATION APPELÉE À S’INSCRIRE DANS LA DURÉE
Les éléments consultés indiquent que cette ouverture ne relève pas d’une mesure ponctuelle. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de la gouvernance académique et de renforcement des synergies entre les différentes composantes de l’Université Marien Ngouabi.
L’ambition affichée est de consolider les passerelles entre la recherche universitaire et les besoins concrets des administrations publiques, dans un contexte où les exigences de performance et de qualité des formations sont de plus en plus élevées.
UNE DOUBLE GARANTIE SCIENTIFIQUE ET PROFESSIONNELLE
Au-delà de la diversification des jurys, l’initiative engagée par l’ENAM met en évidence deux réalités complémentaires.
D’une part, le recours à des enseignants-chercheurs issus de plusieurs établissements de l’Université Marien Ngouabi confirme l’existence, au sein de l’université publique congolaise, d’un important potentiel scientifique capable d’assurer la transmission, l’encadrement et l’évaluation des savoirs selon les exigences académiques.
D’autre part, l’intégration de professionnels toujours en activité dans l’administration publique traduit la volonté de maintenir un lien étroit avec les institutions appelées à accueillir les futurs diplômés. Ces praticiens représentent en effet à la fois les bénéficiaires et les employeurs potentiels des cadres formés par l’ENAM. Leur présence permet ainsi de confronter les travaux académiques aux réalités concrètes de l’action publique.
Cette double évaluation, scientifique par les universitaires et professionnelle par les praticiens, confirme la singularité de l’ENAM au sein du système d’enseignement supérieur congolais. À la fois école universitaire et établissement de professionnalisation des cadres de l’État, l’ENAM assume pleinement cette double vocation. L’ouverture de ses jurys apparaît ainsi comme la traduction concrète de cette identité institutionnelle, fondée sur l’articulation entre production des savoirs et exercice des responsabilités publiques.
Dans un contexte où la qualité des formations est de plus en plus scrutée, cette orientation pourrait contribuer à renforcer davantage la crédibilité des diplômes délivrés par l’établissement et son positionnement au sein de l’Université Marien Ngouabi.