CONGO/TRANSFERTS DE FONDS : DES TERMINAUX ÉLECTRONIQUES EN PRÉPARATION, L’ARTF APPELLE LES OPÉRATEURS À SE RÉGULARISER

CONGO/TRANSFERTS DE FONDS : DES TERMINAUX ÉLECTRONIQUES EN PRÉPARATION, L’ARTF APPELLE LES OPÉRATEURS À SE RÉGULARISER

L’Agence de régulation des transferts de fonds (ARTF) accélère la modernisation du secteur au Congo. Alors que les premiers terminaux de paiement électronique (TPE) ont été réceptionnés, une campagne de sensibilisation menée avec le Conseil Supérieur Islamique du Congo (CSIC) et la Fédération des communautés étrangères appelle les opérateurs à régulariser leur situation avant le déploiement progressif de ces équipements. Le message est clair : les opérateurs de transferts de fonds doivent se conformer aux exigences réglementaires. Clôturée le lundi 19 octobre 2026 à l’Institut islamique de Poto-Poto, une campagne de sensibilisation de trois jours a permis de rappeler les textes encadrant cette activité et de préparer les acteurs à l’utilisation prochaine des terminaux électroniques.

Derrière cette initiative, l’ARTF poursuit un double objectif : renforcer la traçabilité des transactions financières et améliorer le suivi des recettes publiques.

Des terminaux pour moderniser les transferts de fonds

Au présidium : Bello Roufai Liadi, Président de la fédération de la communauté étrangère ; Ghislain LIMBILI, l’inspecteur de l’ARTF; Youssouf Ngolo, Président du CSIC; Danté Boubacar, 1er Vp du haut conseil des maliens de l’extérieur au Congo…

Au total, l’ARTF a commandé 1 000 terminaux de paiement électronique destinés aux opérateurs régularisés. À ce stade, 200 appareils ont déjà été réceptionnés, tandis que la livraison du reste du matériel se poursuit. La distribution doit s’effectuer progressivement.

Ces équipements permettront d’enregistrer électroniquement les transactions et de délivrer des reçus, en remplacement des supports papier actuellement utilisés. Leur mise en service nécessite notamment une coordination technique avec les opérateurs de téléphonie mobile MTN et Airtel pour la configuration des cartes SIM dédiées.

 

« Cette révolution numérique permettra à ce que les recettes de l’État soient capturées en temps réel pour une utilisation efficiente des recettes publiques », a expliqué Rodrigue Ghislain LIMBILI, inspecteur principal de l’ARTF.

À travers ce dispositif, l’Agence entend améliorer le suivi des mouvements financiers, renforcer la transparence des opérations et favoriser la formalisation des activités de transfert de fonds.

L’ARTF appelle les opérateurs à régulariser leur situation

La campagne a également été l’occasion de rappeler aux opérateurs l’importance de disposer des autorisations requises pour exercer leur activité. Ceux qui ne sont pas encore en règle sont invités à se rapprocher des points focaux afin d’engager les démarches de régularisation.

Les documents demandés comprennent entre autre une copie ou une photographie du registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), les références téléphoniques ainsi que l’adresse du siège de l’activité… Le CSIC est appelé à accompagner les opérateurs dans la constitution de leurs dossiers.

L’ARTF affirme privilégier l’information et l’accompagnement avant d’envisager d’éventuelles sanctions.

« Vous ne pouvez pas venir sanctionner une personne à qui vous n’avez pas présenté sa faute », a rappelé Rodrigue Ghislain LIMBILI.

Cette approche pédagogique ne dispense toutefois pas les opérateurs de respecter les obligations réglementaires applicables à leur activité. La mise en conformité demeure un enjeu central pour ceux qui souhaitent poursuivre leurs opérations dans le cadre légal.

Les questions fiscales et les frais liés aux démarches ont également été abordés au cours des échanges. Leur clarification à partir des textes officiels doit permettre aux opérateurs de mieux connaître leurs obligations et d’éviter les incompréhensions.

Le CSIC mobilise les communautés pour faciliter la régularisation

Partenaire de cette opération, le président du Conseil Supérieur Islamique du Congo, El Hadj Cheick Eddy Youssouf Serge NGOLO, a exhorté les opérateurs encore en situation irrégulière à saisir cette occasion pour se mettre en règle.

 

« Une dernière occasion vous a été offerte, il faut tout mettre en œuvre pour que celui qui n’a pas d’autorisation se rapproche du point focal », a-t-il insisté.

Le responsable religieux a défendu une démarche fondée sur l’accompagnement plutôt que sur la confrontation. « Nous ne venons pas piller ce que nos frères ont », a-t-il affirmé, tout en mettant en garde contre les risques liés à la poursuite d’une activité sans les autorisations nécessaires.

Le CSIC et la Fédération des communautés étrangères sont ainsi appelés à relayer les informations auprès de leurs membres et à faciliter les échanges avec les services compétents.

Le secrétaire général du CSIC a également exhorté les représentants communautaires à poursuivre la mobilisation, avec l’objectif  de bénéficier massivement des terminaux déjà réceptionnés.

Une formation pratique annoncée avant le déploiement

La sensibilisation doit être suivie d’une formation pratique destinée à préparer les bénéficiaires à l’utilisation des TPE, notamment à leur manipulation et à leurs codes d’utilisation.

L’ARTF a par ailleurs annoncé la disponibilité d’un service informatique chargé d’accompagner les utilisateurs dans la prise en main des équipements et de les assister en cas de difficultés techniques.

L’initiative met en lumière le rôle des responsables religieux et communautaires dans la sensibilisation des opérateurs et la diffusion des informations réglementaires.

Reste désormais à concrétiser les annonces sur le terrain : poursuivre la livraison des équipements, former les bénéficiaires et obtenir la régularisation effective des opérateurs concernés.

Car la réussite de cette modernisation ne dépendra pas seulement de la disponibilité des terminaux. Elle reposera également sur leur déploiement effectif, leur utilisation par les opérateurs et l’adhésion durable de ces derniers au cadre réglementaire.

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