ÉLECTIONS 2027 : À BRAZZAVILLE, LA BATAILLE DU VOTE COMMENCE SUR LE TERRAIN

ÉLECTIONS 2027 : À BRAZZAVILLE, LA BATAILLE DU VOTE COMMENCE SUR LE TERRAIN

À dix mois des législatives et locales de juillet 2027 au Congo, la bataille électorale se joue déjà loin des meetings et des affiches, dans les quartiers de Brazzaville. La Direction générale des affaires électorales (DGAE) entend adapter l’organisation du vote aux transformations de la capitale, marquées notamment par les déplacements de population, les expropriations et l’évolution de certaines limites territoriales. Cette démarche a pris forme le 4 septembre avec une rencontre réunissant les agents de la DGAE, les maires des arrondissements et les secrétaires généraux des mairies, sous la conduite du directeur général des affaires électorales, Jean-Claude ETOUMBAKOUNDOU. L’objectif est d’identifier en amont les réalités du terrain susceptibles d’avoir une incidence sur les prochaines opérations électorales.

UNE CAPITALE QUI BOUGE, UNE CARTE À ACTUALISER

À Brazzaville, les mutations urbaines compliquent parfois la lecture du territoire électoral. Changements de résidence, déplacements de populations, expropriations ou encore développement de nouveaux espaces d’habitation peuvent éloigner la situation administrative d’un électeur de sa réalité quotidienne.

Le phénomène est particulièrement visible dans certains secteurs de Talangaï, Mfilou et Djiri, mais aussi autour du lycée Thomas Sankara, des bas-fonds de Saint-Dénis et de la Tsiémé, de Kibouendé, du stade ou encore de Manianga.

À Talangaï, par exemple, des habitants ayant quitté leurs anciennes résidences à la suite d’expropriations peuvent encore être rattachés à une circonscription différente de celle correspondant à leur nouveau lieu de résidence.

Pour la DGAE, l’enjeu est donc d’aller au-delà des données administratives existantes. Des opérations de cadrage doivent permettre de confronter les informations disponibles à la réalité observée sur le terrain.

LE DÉCOUPAGE TERRITORIAL AU CŒUR DES DISCUSSIONS

La question des frontières entre circonscriptions constitue un autre point sensible.

Jean-Claude ETOUMBAKOUNDOU a plaidé pour une réflexion commune sur l’organisation administrative de la capitale : « Il serait souhaitable qu’ensemble avec vous, Brazzaville revoie un peu son découpage administratif. Une meilleure cohérence administrative permettrait de sécuriser davantage les listes électorales. »

Le député-maire de Brazzaville, Dieudonné BANTSIMBA, a, de son côté, insisté sur la nécessité de matérialiser clairement les limites territoriales afin de réduire les risques de contestations entre circonscriptions. L’idée est également d’examiner les textes administratifs existants et, lorsque cela s’avère nécessaire, de les adapter à l’évolution de la ville et aux mouvements de population.

LE TERRAIN COMME PREMIÈRE ÉTAPE

Ces vérifications doivent notamment contribuer à limiter les erreurs d’affectation, les doubles inscriptions, les regroupements inappropriés ou les rattachements qui ne correspondent plus à la résidence effective des électeurs.

L’ampleur du chantier est nationale : près de 278 élections sont attendues à travers le pays en 2027. Pour le préfet du département de Brazzaville, Yves Bodler NGONGO, l’anticipation constitue dès lors une condition essentielle : « Pour que ce travail soit bien fait, nous devons nous y prendre à temps. »

La séquence ouverte à Brazzaville ne concerne donc pas encore les affiches, les meetings ou les batailles entre candidats. Elle s’attaque à une étape plus discrète, mais déterminante : faire coïncider le territoire vécu avec le territoire électoral.

À l’approche de 2027, la capitale congolaise devra ainsi transformer les constats recueillis sur le terrain en corrections concrètes. Avant le choix des électeurs dans les urnes, c’est leur juste place sur la carte électorale qui se joue.

©️ Jess

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