Café du Savoir : La jeunesse engagée d’Agoratoire Académie explore “La Justice de Panthère” de Itoua L’Okalé à Brazzaville

Café du Savoir : La jeunesse engagée d’Agoratoire Académie explore “La Justice de Panthère” de Itoua L’Okalé à Brazzaville

Le 13 avril 2026 à Brazzaville, un événement littéraire et intellectuel a réuni étudiants, formateurs et passionnés de débat dans le cadre du Café du Savoir, une initiative portée par Agoratoire Académie en partenariat avec l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) Congo. L’objectif : renforcer la prise de parole et la pensée critique à travers la littérature africaine.

 

Dès l’ouverture, le ton est donné : « On n’y va non seulement pour parler, mais aussi pour instruire, plaire et émouvoir ». Plus qu’un simple échange, le Café du Savoir s’impose comme un véritable laboratoire d’idées où la parole devient un outil de transformation personnelle et sociale.

 

Selon Auriol Ngoma Mabiala, « le Café du Savoir a pour but principal de mettre en valeur les auteurs congolais », s’inspirant des modèles occidentaux qui célèbrent leurs figures littéraires telles que Voltaire ou Victor Hugo.

 

Il ajoute : « il s’agit aussi d’évaluer les orateurs en formation et de développer leur capacité à maîtriser la prise de parole en public ».

Au cœur de cette édition, deux thèmes majeurs ont structuré les débats : « Les géants ont pour proies les plus petits » et « La culture européenne est-elle supérieure à la culture africaine ? ». Un débat oratoire intense a opposé six étudiants, répartis entre affirmation et réfutation, illustrant la richesse des points de vue.

 

Dans une introduction marquante, une participante affirme : « La culture ne se limite pas à des chants ou des danses. Elle est un ensemble de valeurs et de systèmes qui structurent une société ». Elle poursuit avec lucidité : « La vraie question n’est pas de savoir si l’Europe est meilleure que l’Afrique, mais quelle culture transforme ses crises en progrès durable ».

Les échanges ont également mis en lumière certaines contradictions contemporaines. « Beaucoup dénoncent l’Europe, mais adoptent ses modèles et ses références », souligne un intervenant, évoquant notamment l’attrait pour les grandes marques internationales comme Louis Vuitton ou Gucci.

Toutefois, les participants ont également défendu les richesses africaines, notamment les savoirs traditionnels. « La pharmacopée africaine est une richesse réelle, souvent sous-estimée », rappelle un orateur, appelant à une meilleure valorisation de ces héritages.

 

Du côté des apprenants, Célia Ondzela  souligne l’importance de cette initiative dans son parcours : « Je veux perfectionner ma prise de parole et maîtriser mon stress face au public ». Elle alerte également sur la perte des repères culturels : « La jeunesse africaine abandonne ses valeurs au détriment de celles des autres ».

Pour Emmanuel Princesse Tokiné, l’ouvrage étudié dénonce une injustice sociale profonde : « Le lièvre est jugé non pas pour ses actes, mais pour ce qu’il représente face à la panthère ». Une métaphore forte des inégalités persistantes.

En conclusion, ce Café du Savoir a démontré que le débat, loin d’opposer, peut rapprocher. Comme l’a souligné un participant : « Aucune culture n’est supérieure, elles sont complémentaires ». Une leçon essentielle pour une jeunesse appelée à construire des ponts plutôt que des divisions.

En outre, d’autres activités ont rythmé la rencontre : présentation de l’ouvrage “La Justice de Panthère” de Itoua L’Okalé, analyse critique collective, puis déclamations de slam inspirées du texte. Après le débat oratoire structuré, les participants ont ensuite pris part , à une une simulation d’émission “Agora TV”, suivie d’échanges interactifs avec l’auteur.

Face aux jeunes, l’auteur a rappelé le sens de son œuvre : « La Justice de Panthère n’est pas une fiction. Elle interroge les rapports de force et les mécanismes d’injustice sociale ».

 

Dans son univers symbolique, la Panthère incarne la force et la domination, tandis que le Lièvre représente l’intelligence et la survie dans un système inégal. Il précise : « Le Lièvre n’est pas faible, il est simplement contraint par son environnement ».

L’œuvre met en lumière une société dominée par la compétition, les intérêts personnels et la fragilité des relations humaines. Elle aborde aussi l’aliénation culturelle, lorsque certaines sociétés se comparent à des modèles extérieurs, créant des déséquilibres identitaires.

Dans la séquence “Agora TV”, l’auteur a ajouté : « Les hommes agissent souvent par intérêt, parfois pour préserver leurs privilèges sociaux ».

 

Le débat a également permis d’aborder la justice sociale comme un équilibre global qui dépasse les institutions et se manifeste à travers les conséquences des actes humains.

À Brazzaville, cette édition confirme la volonté de Agoratoire Académie de faire de la parole un outil de formation, de réflexion et d’émancipation intellectuelle.

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