« UNE SEMAINE AU KINANGO » DÉCRYPTÉ PAR LE PR ÉDOUARD NGAMOUNTSIKA

« UNE SEMAINE AU KINANGO » DÉCRYPTÉ PAR LE PR ÉDOUARD NGAMOUNTSIKA

La rencontre littéraire consacrée au roman Une semaine au Kinango” de l’écrivain congolais Henri DJOMBO, romancier, dramaturge et homme d’État, s’est tenue le mercredi 3 juin à l’Institut français du Congo (IFC). L’activité a été animée par le Professeur Titulaire en Grammaire et Linguistique du français Édouard NGAMOUNTSIKA, de l’Université Marien Ngouabi. Elle a réuni écrivains, poètes, étudiants et passionnés de littérature autour d’une analyse du langage, du style et des messages sociaux contenus dans l’œuvre.

 

Dans son intervention, le conférencier a souligné que le roman relève d’une fiction critique, où l’imaginaire reflète les réalités sociales contemporaines.

« Dans ce livre, on nous raconte, dans un monde imaginaire, ce que nous vivons dans nos pays », a expliqué le Pr Édouard NGAMOUNTSIKA.

L’œuvre aborde notamment la jeunesse, les révoltes sociales et la conscience collective face aux défis contemporains.

 « VILLE-POUBELLE » : UNE CRITIQUE SYMBOLIQUE

L’expression « ville-poubelle » a suscité des échanges lors de la rencontre. Selon le conférencier, elle ne renvoie pas à une ville réelle, mais constitue une critique symbolique des dérives urbaines liées à la mauvaise gestion environnementale.

« Ce que vous voyez dans le livre n’est ni Brazzaville ni Kinshasa, mais une construction imaginaire », a-t-il précisé.

 

UN ROMAN À FORTE DENSITÉ STYLISTIQUE

L’analyse a mis en évidence la richesse stylistique de l’œuvre d’Henri Djombo. Le texte mobilise :

  • un champ lexical de la catastrophe et de la violence (hécatombe, cadavres, charnier, putréfaction) ;
  • un vocabulaire politique marqué (corruption, oligarchies, gouvernance, insurrection) ;
  • des proverbes et expressions proverbiales à portée philosophique ;
  • des procédés stylistiques tels que la personnification, donnant vie à la nature et au chaos : « le ciel commençait à se couvrir et à s’agiter », « le firmament versait ses larmes sur la terre ».

Des figures comme l’anaphore et les parallélismes renforcent également le rythme du récit.

Dans une interview accordée en marge de la rencontre, le Pr Édouard NGAMOUNTSIKA a rappelé la dimension engagée du roman : « On parle de la jeunesse, des révoltes et de la nécessité de conscientiser les lecteurs. Il s’agit d’un univers imaginaire qui reflète nos réalités sociales. »

Les participants ont salué la richesse du texte et la diversité des procédés littéraires utilisés par l’auteur.

« L’auteur a utilisé plusieurs figures de style, notamment la personnification, pour permettre au lecteur de mieux voyager dans la lecture », a confié une participante.

Un autre participant a insisté sur la portée sociale du roman : « Le message tourne autour de la prise de conscience écologique et de la mauvaise gouvernance pouvant conduire à des insurrections. »

Une semaine au Kinango propose enfin une réflexion sur la reconstruction et la responsabilité collective.

Le roman apparaît comme une fable politique et sociale invitant à repenser la gouvernance, l’environnement et le vivre-ensemble dans les sociétés africaines contemporaines.

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