CONGO : L’ACAT MISE SUR LA FORMATION DE 54 EX-DÉTENUS MINEURS POUR BRISER LE CERCLE DE LA RÉCIDIVE

CONGO : L’ACAT MISE SUR LA FORMATION DE 54 EX-DÉTENUS MINEURS POUR BRISER LE CERCLE DE LA RÉCIDIVE

Offrir une véritable seconde chance aux mineurs sortis de prison en leur donnant accès à une formation qualifiante plutôt qu’à un retour vers la délinquance. C’est l’ambition de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-Congo), qui a officiellement lancé, vendredi 17 juillet à Brazzaville, une campagne de placement de 54 ex-détenus mineurs dans des ateliers et centres de formation professionnelle répartis entre Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Ouesso, Sibiti et Mouyondzi.

Menée avec l’appui de la Fédération internationale des ACAT (FIACAT), cette initiative s’inscrit dans le projet « Garantir les libertés fondamentales et la dignité humaine des personnes privées de liberté en République du Congo ». Elle vise à réduire durablement la récidive en offrant aux bénéficiaires l’opportunité d’apprendre un métier, notamment dans les domaines de la mécanique, de la soudure, de la couture, de la menuiserie, de la maçonnerie et de la conduite.

Lors de la conférence de presse, le président de l’ACAT-Congo, Christian LOUBASSOU, a rappelé que la récidive trouve souvent son origine dans l’absence de perspectives offertes aux anciens détenus après leur libération.

« Le premier élément, c’est certainement pour essayer de mettre fin, de lutter contre la récidive. Vous savez, la récidive, c’est la reprise des activités néfastes. C’est-à-dire qu’une personne, par exemple, qui a été placée à la maison d’arrêt pour vol, une fois sortie de la maison d’arrêt, peut également reproduire le même acte parce qu’à la sortie de la maison d’arrêt, la personne n’a pas trouvé des alternatives », a-t-il expliqué.

Selon lui, le manque d’emploi, l’absence de prise en charge et le rejet familial exposent de nombreux ex-détenus, en particulier les mineurs, à un retour dans les circuits de la délinquance. Pour inverser cette tendance, l’organisation a travaillé avec les tribunaux pour enfants, les maisons d’arrêt, les services sociaux et d’autres partenaires afin d’identifier les jeunes éligibles sur la base de leur motivation, de leur engagement, du soutien de leurs parents et du libre choix du métier à apprendre.

Christian LOUBASSOU a également regretté que les dispositions du Code pénitentiaire relatives à la préparation des détenus à leur réinsertion restent insuffisamment appliquées.

« Une fois en prison, en principe, les autorités de notre pays devraient préparer à la réinsertion tous ceux qui sont en détention de manière générale et surtout les ex-détenus mineurs. Parce que s’il y avait un plan de formation dans les maisons d’arrêt, un détenu qui aurait purgé sa peine devrait, en principe, s’intégrer dans les ateliers, dans les centres de formation », a-t-il plaidé.

Au-delà du placement dans les centres de formation, l’ACAT-Congo prévoit un mécanisme de suivi régulier afin d’évaluer l’assiduité et la progression des apprentis. Les responsables des ateliers pourront exclure les bénéficiaires qui ne respecteront pas le règlement intérieur, tandis que les parents sont appelés à accompagner leurs enfants tout au long de leur parcours.

Le président de l’ACAT-Congo a par ailleurs insisté sur la nécessité de faire de la formation professionnelle un pilier de la politique pénitentiaire congolaise.

« Chaque personne qui est à la maison d’arrêt doit bénéficier d’un plan de formation. Au niveau de la maison d’arrêt, ce n’est pas dit de nous, c’est dit dans le Code pénitentiaire. Je vous ai cité les articles 104, 107 et 108. Donc, dans les maisons d’arrêt, il doit y avoir des centres de formation équipés pour qu’une personne qui est à la maison d’arrêt puisse apprendre au moins un métier », a-t-il insisté.

À travers cette campagne, l’ACAT-Congo entend démontrer que la formation professionnelle constitue un levier concret de réinsertion sociale. En donnant à ces jeunes les moyens d’acquérir des compétences et d’accéder à un emploi, l’organisation espère réduire durablement la récidive, restaurer la confiance des familles et contribuer à renforcer la sécurité des communautés congolaises.

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