SANTÉ AU CONGO : LA REVUE HOSPITALIÈRE 2026 DÉVOILE LES CHANTIERS PRIORITAIRES POUR TRANSFORMER L’OFFRE DE SOINS
- GouvernanceSantéSociété
- 19 juillet 2026
- Aucun commentaire
- 161
Après quatre jours d’évaluations, d’échanges techniques et d’analyses approfondies, la Revue à mi-parcours des activités des hôpitaux a livré son verdict le 17 juillet à Brazzaville. Au-delà du diagnostic, les participants ont fixé une nouvelle ligne d’action : accélérer la transformation du système hospitalier congolais à travers une meilleure gouvernance, un renforcement des capacités et une amélioration continue de la qualité des soins.
Placée sous le thème « Consolidation de l’offre et de l’accès aux soins de santé », cette rencontre a permis aux responsables sanitaires d’examiner sans complaisance les performances des établissements hospitaliers, d’identifier les obstacles persistants et de proposer des solutions adaptées aux réalités du terrain. L’objectif était clair : disposer d’une lecture précise du fonctionnement des hôpitaux afin d’orienter les prochaines interventions du ministère de la Santé et de la Population.
Un diagnostic précis sur les forces et les fragilités du système hospitalier
Les travaux ont porté sur 46 structures sanitaires, avec une analyse consacrée notamment à la gouvernance, aux ressources humaines, aux équipements, aux médicaments, aux laboratoires, à l’hygiène hospitalière, aux données sanitaires et à la qualité des prestations.
Le bilan met en évidence des avancées, mais également des défis majeurs.
Sur le plan organisationnel, l’ensemble des structures évaluées disposent d’un organigramme validé. Plusieurs établissements ont également amélioré le fonctionnement de leurs instances de gestion. Cependant, la question des ressources humaines demeure l’une des principales préoccupations. Les données présentées montrent un taux important de postes non pourvus dans plusieurs établissements, avec des conséquences directes sur la capacité des hôpitaux à répondre efficacement aux besoins des populations.
Cette situation est particulièrement préoccupante dans certains hôpitaux de référence de district, qui reposent encore largement sur l’appui des agents communautaires et des bénévoles.
Des disparités importantes dans l’accès aux soins
L’évaluation a également révélé des écarts significatifs entre les établissements en matière de fréquentation et d’activité hospitalière. Ces différences traduisent des réalités multiples : disponibilité des services, capacité d’accueil, ressources techniques, équipements ou encore perception des populations sur la qualité des soins proposés.
Dans le domaine de la santé maternelle et néonatale, les participants ont relevé plusieurs défis persistants. Les principales causes de décès maternels restent l’anémie sévère, la septicémie et les hémorragies du post-partum. Chez les nouveau-nés, la prématurité, les infections néonatales et la détresse respiratoire figurent parmi les principales causes de mortalité.
La disponibilité des médicaments essentiels et des produits sanguins constitue également un enjeu majeur. Plusieurs structures ont signalé des difficultés liées aux ruptures de stocks et à l’insuffisance des capacités transfusionnelles.
La gouvernance et la digitalisation au cœur des recommandations
À l’issue des échanges, les participants ont formulé une série de recommandations destinées à renforcer durablement la performance des hôpitaux.
Parmi les priorités retenues figurent :
- le renforcement de la gouvernance hospitalière ;
- la responsabilisation des directeurs d’établissements à travers des contrats de performance ;
- l’instauration d’audits systématiques des décès hospitaliers ;
- l’amélioration du système d’information sanitaire ;
- l’accélération de la digitalisation des services ;
- le renforcement de la gestion des médicaments et consommables ;
- la modernisation des laboratoires et équipements médicaux ;
- le développement de la télémédecine.
Les participants ont également recommandé la mise en place d’un système de mentorat entre établissements hospitaliers afin de favoriser le partage d’expériences et l’accompagnement des structures confrontées à davantage de difficultés.
Cette approche vise à instaurer une culture d’amélioration continue et de performance collective.
Jean-Rosaire Ibara appelle à transformer les recommandations en actions

Clôturant les travaux, le ministre de la Santé et de la Population, le Pr Jean-Rosaire IBARA, a appelé les responsables hospitaliers à franchir une nouvelle étape : celle de la mise en œuvre.
« Le temps des constats est derrière nous. Le temps de l’action commence. Chacun, à son niveau doit retourner dans sa structure avec la ferme volonté d’appliquer ce qui a été décidé ici », a-t-il martelé.
Pour lui, les conclusions de cette revue doivent désormais se traduire par des changements visibles dans les établissements sanitaires.
Il a rappelé que la réforme hospitalière constitue un axe majeur de transformation du système national de santé.
« Cette réforme ne sera pas une simple réorganisation administrative. Elle constituera un véritable levier de transformation aligné sur les priorités nationales et les standards internationaux », a-t-il promis.
Cette réforme devra notamment permettre d’améliorer la gouvernance, de garantir une meilleure utilisation des ressources et de rapprocher davantage les services de santé des populations.
La vigilance reste de mise face aux menaces sanitaires
Au-delà des réformes structurelles, les autorités sanitaires restent attentives aux risques épidémiques, notamment la menace liée à la maladie à virus Ebola. Le ministre a appelé au maintien d’une surveillance renforcée et à une meilleure préparation des établissements.
« Nous ne pouvons pas relâcher nos efforts. La surveillance épidémiologique doit être renforcée. Les mécanismes d’alerte doivent être opérationnels et la préparation des équipes médicales doit être constante », a-t-il indiqué.
Cette vigilance devra s’accompagner d’un renforcement des mesures de prévention, de l’hygiène hospitalière et de la coordination entre les différents acteurs sanitaires.

Une nouvelle étape pour le système hospitalier congolais
Au terme de cette revue, le défi principal reste désormais celui de l’exécution. Les recommandations adoptées devront faire l’objet d’un suivi régulier afin de mesurer les progrès accomplis et corriger rapidement les insuffisances. En plaçant l’évaluation, la responsabilité et la performance au centre de la gestion hospitalière, le Congo entend franchir une nouvelle étape vers un système de santé plus moderne, plus efficace et davantage centré sur les besoins des patients.
La prochaine revue sera ainsi l’occasion de mesurer le chemin parcouru et d’évaluer l’impact concret des décisions prises à Brazzaville en juillet 2026.