Examens d’État au Congo : le Gouvernement durcit le ton face à la fraude scolaire

Examens d’État au Congo : le Gouvernement durcit le ton face à la fraude scolaire

  • Education
  • 24 janvier 2026
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Face aux pratiques frauduleuses persistantes dans le processus d’inscription et d’organisation des examens d’État, le Gouvernement congolais a décidé de passer à la vitesse supérieure. Lors d’une communication solennelle le 23 janvier 2026 à Brazzaville, le Ministre de l’Enseignement Préscolaire, Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA), Pr Jean-Luc Mouthou, a adressé un message ferme aux établissements scolaires, aux parents et aux candidats. Il a rappelé que l’organisation des examens repose sur des textes réglementaires clairs et contraignants, « un corpus juridique qui s’impose à tous et auquel chacun doit se conformer ».

Toute violation de ces règles constitue non seulement une infraction administrative, mais également une atteinte à l’autorité de l’État.

« Ne pas respecter la loi scolaire, les délais d’inscription aux examens d’État ou toute autre réglementation, c’est faire offense au Président de la République. La responsabilité de notre nation passe par le respect scrupuleux de ces textes », a-t-il insisté.

Au cœur des dérives dénoncées figure la transhumance scolaire, pratique consistant à inscrire des élèves dans des classes ou centres non habilités, parfois sans validation des examens requis. Le Ministre a été catégorique : un élève n’ayant pas obtenu le diplôme donnant accès au cycle supérieur ne pourra pas participer aux examens correspondants.

 

« Illégale, la fraude n’aide ni l’enfant ni la nation. Elle détruit l’école et hypothèque l’avenir. Promouvoir la fraude n’est ni acceptable ni tolérable », a martelé le Pr MOUTHOU, pointant la responsabilité de certains parents et chefs d’établissements.

Inscriptions sécurisées et calendrier strict

Pour garantir la fiabilité du processus, deux mécanismes ont été renforcés : l’inscription en ligne et le dépôt des dossiers physiques, avec un contrôle strict de la conformité des photos afin d’éviter toute substitution d’identité. Ces données servent à la préparation matérielle des examens du BAC, BEPC et CEPE.
La date limite d’inscription est fixée au 31 janvier 2026. Passé ce délai, des mesures coercitives seront appliquées contre les responsables fautifs.

Sanctions et protection des élèves

Plusieurs établissements privés ont déjà été sanctionnés, certains ayant perdu le droit de présenter des candidats aux examens. Cependant, le Ministre a rassuré les familles : les élèves ne seront pas pénalisés. Ils seront réaffectés dans des établissements publics proches pour composer dans le strict respect des règles. L’Inspection générale de l’Enseignement Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation procédera à des contrôles sur le terrain. Les promoteurs d’écoles privées devront mettre à disposition les dossiers des candidats et les frais d’inscription officiels :

  • BAC : 5000 FCFA
  • BEPC : 4000 FCFA
  • CEPE : 2000 FCFA

Le Gouvernement entend ainsi restaurer la crédibilité du système éducatif et réaffirmer l’autorité de l’État.

« Nous ne pouvons pas bâtir l’avenir du Congo sur la tricherie. L’école doit rester un lieu de mérite, de discipline et d’égalité des chances », a laissé entendre le Ministre.

Un signal fort est envoyé : les examens d’État ne seront plus un terrain de contournement, mais un pilier de la République.

 

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