Congo : les résultats de l’étude sur la filière bois domestique dévoilés à Brazzaville

Congo : les résultats de l’étude sur la filière bois domestique dévoilés à Brazzaville

En République du Congo, l’avenir de la filière bois domestique s’invite au cœur des débats. Le 2 avril 2026 à Brazzaville, acteurs publics, partenaires techniques et professionnels du secteur ont participé à l’atelier de restitution finale d’une étude stratégique sur la chaîne de valeur du bois domestique. Financé par la Délégation de l’Union Européenne, le projet Appui au secteur privé – marché intérieur du bois (ASP-MIB), mis en œuvre par l’ATIBT Congo, vise à renforcer la gouvernance forestière, améliorer la durabilité et structurer un marché longtemps dominé par l’informel. L’étude a permis d’identifier les acteurs clés, les types de produits, les volumes de bois acheminés vers les centres urbains et les enjeux techniques, administratifs et financiers.

 

« Le projet ASP-MIB a pour objectif d’améliorer la compétitivité et la durabilité de la filière bois domestique. Ses enjeux sont multiples : réduire l’exploitation informelle des forêts, structurer la filière, optimiser la valorisation des ressources forestières et générer des revenus pour l’État », a expliqué Alain Bertin TIOTSOP, responsable du projet et représentant de l’ATIBT Congo.

L’étude couvre cinq localités stratégiques : Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti et Ouesso – pour identifier et quantifier les acteurs, du bûcheron au menuisier.

 

« C’est sur la base de cet état des lieux que le projet pourra cibler ses actions pour renforcer la structuration et les capacités techniques et financières des acteurs », a précisé Catherine VIVIEN, représentante du Consortium FRMI – BCAF Congo.

Les chiffres révèlent l’importance de la filière : environ 150 000 m³ de bois domestique sont acheminés chaque année vers les centres urbains, avec un prélèvement total estimé à 250 000 m³. Bien que représentant moins de 20 % de la production industrielle, ces volumes mobilisent un grand nombre d’artisans et de petites entreprises, majoritairement peu formés techniquement.

L’étude intègre également les enjeux environnementaux. Mme VIVIEN a précisé que « même si l’activité artisanale est en partie informelle, il est possible de formaliser certaines pratiques pour réduire l’impact sur les forêts et assurer une gestion durable des ressources forestières ».

Une volonté politique affirmée

Le Gouvernement congolais, à travers le Ministère de l’Économie Forestière, a réaffirmé son engagement à promouvoir la légalité, la traçabilité et la durabilité de la filière.

Le Directeur de cabinet du ministère, Guy Saturnin TSETSA a souligné : « Nous continuerons à encourager les investissements responsables, valoriser la transformation nationale du bois, renforcer la formation professionnelle et structurer les acteurs pour un marché intérieur performant et durable. »

L’atelier a permis un dialogue constructif entre parties prenantes pour valider les constats et orienter efficacement les actions futures du projet ASP-MIB.

« L’atelier a une double ambition : partager de manière transparente les résultats de l’étude et co-construire avec les acteurs les améliorations nécessaires pour finaliser un document opérationnel », a résumé Alain Bertin TIOTSOP.

La filière bois domestique congolaise amorce ainsi une phase de transformation. Structuration, professionnalisation et durabilité seront les leviers pour en faire un moteur de croissance inclusive et un pilier socio-économique pour la République du Congo.

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