Festival des Droits de l’Enfant 2025 : deux jours d’émotions et d’engagement pour protéger les enfants contre les violences

Festival des Droits de l’Enfant 2025 : deux jours d’émotions et d’engagement pour protéger les enfants contre les violences

Le Festival des Droits de l’Enfant 2025, organisé par le Réseau des Intervenants sur le Phénomène des Enfants en Rupture (REIPER) en partenariat avec Apprentis d’Auteuil, avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), a refermé ses portes ce 15 novembre à l’Institut Français du Congo (IFC) à Brazzaville. Pendant deux jours, ce lieu culturel a été le carrefour des échanges, des témoignages et des performances artistiques dédiés à la promotion des droits des enfants. Placée sous le thème “Protection des enfants en situation de rue contre les violences”, l’édition 2025 a alterné réflexion et expressions artistiques. Le 14 novembre, une table ronde a réuni autorités, acteurs de la société civile et institutions pour discuter des responsabilités collectives. Le 15 novembre, les enfants ont pris la scène d’assaut pour offrir un spectacle culturel riche : chants, musique, slam, danses classique et traditionnelle, contes, récitations et théâtre.

 

Les jeunes de l’Association Johnny-Chancel pour les Albinos (AJCA) ont également livré un moment fort, en portant un message puissant contre les discriminations et en faveur de la dignité humaine.

 

 “Les enfants doivent parler pour eux-mêmes”

Lors de la clôture, Joseph LIKIBI, Coordonnateur du REIPER, a rappelé l’importance d’un engagement durable : « À chaque fois qu’on fait des choses pour les enfants, on est heureux. On le fait avec notre cœur, parce que les enfants, c’est l’avenir de demain. 

Il insiste sur la nécessité de faire connaître les droits de l’enfant : « Les droits des enfants ne sont pas toujours connus. Notre rôle n’est pas de jeter la pierre, mais de nous demander : qu’est-ce que nous faisons, chacun dans notre couloir, pour faire connaître ces droits ».

Depuis huit ans, le festival donne la parole aux jeunes à travers l’art :

« C’est toujours bien qu’un enfant parle pour lui-même. Nous faisons de la sensibilisation toute l’année, mais ici, ce sont eux qui expriment leurs droits par le théâtre, le chant, la danse, le slam. »

 

Sur le thème 2025, il alerte : « Si on pratique la violence sur les enfants, ils deviendront reproducteurs de cette violence. Nous devons tous faire l’effort de l’enlever de nos comportements. »

 

 “Les enfants albinos ont aussi droit à la dignité et à la protection”

Présent à l’événement avec quelques jeunes de son association, Johny Chancel NGAMOUANA, président de l’AJCA, a salué l’initiative : « Je suis honoré de voir que des structures comme le REIPER se battent pour soutenir les enfants vulnérables, ceux de la rue, ceux abandonnés, ceux qui n’ont plus d’issue ».

Il a rappelé le combat de son organisation : lutter contre la marginalisation et protéger la santé des personnes atteintes d’albinisme. Sa clinique médico-sociale, ouverte depuis neuf ans, a permis de réduire considérablement la mortalité liée au cancer de la peau : « Avant la clinique, nous perdions 3 à 4 personnes par mois. Aujourd’hui, en neuf ans, nous n’avons eu que 11 décès. C’est une fierté pour notre pays ».

Son message à la population est clair : « Les parents doivent prendre leurs responsabilités : ne pas bafouer les droits des enfants, ne pas les mettre volontairement dans la rue, leur garantir le droit à la santé, à l’éducation et à l’expression. Les enfants sont l’avenir de demain. »

 

Le REIPER a annoncé le lancement dès le 17 novembre d’une campagne de sensibilisation de deux semaines contre les violences faites aux enfants, en particulier ceux en situation de rue. Une mobilisation qui se déclinera dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les centres d’accueil.

Le Festival des Droits de l’Enfant 2025 a rappelé que l’enfance doit rester un espace d’espoir, de rêve et de dignité. Les enfants ont été au centre, non seulement pour être célébrés, mais aussi pour être entendus. À Brazzaville comme ailleurs, le combat continue pour qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte.

Article connexe