CONGO : Des consignes strictes aux membres du jury avant le Baccalauréat Général 2025.
- Education
- 11 juin 2025
- Aucun commentaire
- 1051
À l’approche du Baccalauréat de l’enseignement général, devenu un véritable rituel en République du Congo, le Ministère de l’Enseignement Préscolaire, Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation (MEPPSA) rappelle chaque année les consignes essentielles à l’intention des membres du jury : chefs de centre, agents de sécurité, agents de la lutte contre la fraude en milieu scolaire. Ce 11 juin 2025, un séminaire sur le thème « Sécurisation et bonne gestion du Baccalauréat à l’ère de la gouvernance numérique » a été organisé à Brazzaville, réunissant tous ces acteurs. Objectif : les édifier, les orienter afin d’assurer un déroulement exemplaire, équitable et crédible du Baccalauréat.
Pour la session de cette année, prévue du 17 au 20 juin, 94 958 candidats prendront part à cet examen d’État marquant la fin des études secondaires et l’accès à l’enseignement supérieur. Parmi eux, 51 250 sont des filles. Ce chiffre est en hausse par rapport à 2024 (90 055 candidats) et 2023 (92 215), soit une augmentation de 5,44 % par rapport à l’année dernière, contre une baisse de 2,34 % entre 2023 et 2024.
Cinq (05) communications principales ont été présentées, portant notamment sur : la sécurisation des examens d’État et les missions des services de sécurité lors des épreuves écrites et pratiques ; la santé et la sécurité des candidats via une couverture sanitaire adaptée ; la prévention des risques de fraude par les délégués à la lutte contre la fraude scolaire ; l’organisation de la saisie informatisée des notes du Baccalauréat.
« Nous n’attendons de vous que de bonnes nouvelles », leur a prévenu le président des jurys. Ces acteurs ont donc pour mission de diriger les centres d’examen avec ordre, discipline et responsabilité.
Les effectifs de cette année au Baccalauréat, session de juin 2025, se répartissent comme suit : 55 740 candidats en série D, 35 856 en série A et 3 362 en série C. Ces chiffres révèlent un désintérêt croissant des élèves pour la littérature et les mathématiques.
Pour garantir la réussite de cet examen d’État, le mot d’ordre est clair : « Je suis BAC, erreur 0 », un slogan visant à détecter les failles et les corriger. L’attitude des membres du jury doit être bienveillante, professionnelle, exemplaire, rigoureuse et empreinte de dévouement, a rappelé Jean-Luc MOUTHOU, ministre en charge de l’Enseignement Préscolaire, Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation. Le ministère souligne l’importance du rôle des enseignants à ce moment crucial du parcours scolaire des élèves.
« Ce séminaire s’inscrit dans une démarche stratégique et volontariste, visant à renforcer notre leadership organisationnel et à garantir une tenue irréprochable de cet examen d’État. Il est impératif que chaque acteur impliqué maîtrise ses attributions, ses responsabilités et surtout les règles du jeu. Permettez-moi de rappeler que le Président de la République nous a accordé sa confiance. À travers moi, c’est à vous qu’il l’adresse également », a-t-il précisé.
L’essor incontrôlé des technologies numériques a favorisé de nouvelles formes de fraude aux examens. Pour y faire face de manière ferme, structurée et innovante, le Gouvernement a mis en place un dispositif robuste, permanent et coordonné de lutte contre la fraude scolaire. Cela a permis de : sanctionner plus de 240 élèves inscrits frauduleusement en terminale sans respecter les procédures administratives ; détecter 258 cas de double inscription aux Baccalauréats général et technique ; d’écarter plus de 500 dossiers pour présentation de faux diplômes du BEPC.
Le MEPPSA a rappelé que les fraudeurs seront non seulement exclus, mais également poursuivis conformément aux textes en vigueur. Pour Jean-Luc MOUTHOU, l’objectif est clair : chaque acteur doit rester dans son périmètre fonctionnel, et toutes les étapes, de la réception des malles à la gestion du centre, doivent être exécutées avec diligence et précision.
L’organisation réussie du Baccalauréat repose aussi sur le renforcement des capacités opérationnelles des principaux acteurs. Ce séminaire a permis : de clarifier les rôles et responsabilités de chacun ; de renforcer les mesures de sécurisation des sujets et des centres ; de réduire significativement les cas de fraude et de tricherie ; de consolider l’éthique, la transparence et la qualité dans l’organisation de cette évaluation.
Dès réception des malles, le chef de centre devra en vérifier minutieusement le contenu, s’assurer de la correspondance du matériel avec les effectifs inscrits, et organiser son équipe et son secrétariat avec rigueur.
« Pour la réussite de cet examen d’État, je vous exhorte à travailler en synergie et à faire preuve, sur le terrain, des valeurs cardinales qui doivent désormais nous animer : respect strict des règles, courtoisie dans les rapports, créativité face aux imprévus, et respect des engagements pris ici. Il ne s’agit pas seulement d’appliquer des procédures, mais de participer activement à la restauration de la crédibilité et du prestige des examens d’État, et par-delà, du système éducatif congolais tout entier », a martelé le ministre.
Ce séminaire répond à un impératif collectif : redonner au système éducatif congolais ses lettres de noblesse, autrefois fondées sur la discipline, l’excellence, le mérite des élèves et la compétence des enseignants.