RDC : NAISSANCE DE LA COALITION ARTICLE 64, UNE NOUVELLE FORCE DE L’OPPOSITION CONTRE UN POSSIBLE 3E MANDAT DE FÉLIX TSHISEKEDI
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- 19 mai 2026
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Une nouvelle plateforme politique de l’opposition a été officiellement lancée ce mardi 19 mai 2026 à Kinshasa. Baptisée Coalition Article 64 (C64), elle réunit plusieurs figures majeures de l’opposition congolaise, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga et autres.
Le lancement s’est tenu au Centre culturel Boboto, dans la commune de la Gombe, en présence de plusieurs acteurs politiques et représentants de la société civile. Cette nouvelle coalition se positionne comme un front commun destiné à défendre la Constitution et à prévenir toute dérive institutionnelle.
Selon ses initiateurs, la C64 a pour mission principale de protéger l’ordre constitutionnel, garantir l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo et contrer toute initiative susceptible de fragiliser la stabilité du pays.
Dans une déclaration ferme, les responsables de la Coalition ont rappelé la limite des mandats présidentiels et rejeté toute idée de prolongation du pouvoir en dehors du cadre légal.
« M. Félix Tshisekedi est à son second et dernier mandat. Aucune circonstance, fut-elle sécuritaire, sanitaire ou diplomatique, ne servira de prétexte au glissement du mandat présidentiel. Nous affirmons solennellement qu’il n’y aura pas de troisième mandat pour M. Félix Tshisekedi, ni glissement, ni changement de Constitution», ont déclaré les signataires de la C64.
Ils ont également ajouté une dimension temporelle forte à leur mobilisation politique : « À compter de ce jour, 19 mai 2026, il reste 852 jours avant la convocation constitutionnelle de l’élection présidentielle de 2028. Le compte à rebours démocratique est enclenché. À l’échéance de son mandat, avec ou sans élections, Felix Tshisekedi devra quitter le pouvoir de gré ou de force ».
Dans leur plateforme, les membres de la C64 affirment vouloir empêcher toute tentative de modification de la Constitution du 18 février 2006. Ils accusent le pouvoir en place de vouloir contourner les dispositions fondamentales de la Loi suprême, qu’ils qualifient de “coup d’État constitutionnel”.
Les signataires invoquent notamment l’article 64 de la Constitution, qui impose à tout citoyen de s’opposer à toute violation de la Loi fondamentale. Ils mettent également en avant l’article 220, qui verrouille la durée et le nombre des mandats présidentiels, ainsi que l’article 219, interdisant toute révision constitutionnelle en période d’état de siège.
Sur le plan politique et sécuritaire, la Coalition dresse un tableau critique de la gouvernance actuelle. Elle évoque la dégradation de la situation dans l’Est du pays, l’occupation de certaines zones par des forces étrangères, ainsi que des tensions institutionnelles persistantes. Elle accuse également le régime de promouvoir des structures controversées et un climat de restriction des libertés publiques.
La C64 rejette par ailleurs toute initiative législative liée à une réforme constitutionnelle en cours à l’Assemblée Nationale, qu’elle considère comme une manœuvre politique. Elle affirme qu’un tel projet ne saurait être associé à des engagements diplomatiques récents.
Alors que le pays se projette déjà vers l’échéance présidentielle de 2028, la Coalition annonce le lancement d’un « compte à rebours démocratique » et prévient que toute tentative de modification des règles du jeu politique sera considérée comme un tournant majeur.
Enfin, les leaders de la coalition appellent à une mobilisation citoyenne continue, invitant la population à rester vigilante face aux évolutions politiques à venir.