AGORATOIRE ACADÉMIE : LA JEUNESSE CONGOLAISE À L’ÉPREUVE DE L’ÉLOQUENCE AUTOUR DE « SARAH, MA BELLE-COUSINE »
- CultureEducationLittérature
- 11 août 2026
- Aucun commentaire
- 175
La littérature congolaise a été au cœur d’un exercice grandeur nature d’éloquence entre jeunes à Brazzaville. L’Agoratoire Académie, École d’éloquence, a organisé, le 10 août à Brazzaville, une nouvelle édition de son « Café du Savoir », consacrée au roman Sarah, ma belle-cousine de l’écrivain congolais Henri DJOMBO. Bien plus qu’une rencontre littéraire, cette activité visait à évaluer les connaissances, les capacités d’analyse, l’aptitude à argumenter et le savoir-faire oratoire des jeunes en formation au sein de l’Agoratoire Académie.
À travers l’œuvre de Henri DJOMBO, les participants ont été invités à réfléchir aux réalités auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes africains dans leur volonté de construire leur avenir et de contribuer au développement de leur pays. Traditions, pressions familiales, aspirations personnelles et responsabilités collectives ont ainsi nourri les échanges.
Organisée en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), la rencontre a été marquée par des débats contradictoires, mais constructifs, autour de deux grandes interrogations : « Est-il préférable pour un Africain de souffrir en Europe plutôt qu’en Afrique ? » et « Peut-on bâtir une nation prospère lorsque chacun poursuit avant tout son intérêt personnel ? »
Sur le premier sujet, les jeunes orateurs ont défendu des positions diamétralement opposées. Les partisans de l’émigration ont notamment soutenu que la souffrance vécue en Europe pouvait ouvrir des perspectives nouvelles.
« En Europe, l’État vous protège quand la société vous rejette. En Afrique, si vous n’avez rien, la société vous pleure mais l’État vous enterre. En Europe, le migrant souffre dans l’ombre, mais sa souffrance est productive », a défendu l’un des débatteurs.
Une argumentation appuyée par une série de figures de style, notamment l’anaphore, l’épiphore, l’anadiplose et le chiasme, démontrant la maîtrise progressive des techniques oratoires enseignées au sein de l’Académie.
Sur le second thème, les jeunes ont également livré une véritable bataille d’arguments. Pour les défenseurs de l’intérêt personnel, la réussite individuelle peut constituer un moteur du développement collectif.

« Une ambition suscite un effort, un effort engendre une richesse, des richesses réunies font naître une nation prospère », ont-ils soutenu, prenant notamment l’exemple de Steve Jobs et de la création d’Apple pour illustrer leur démonstration.
Pour Auriol NGOMA MABIALA, avocat pré-stagiaire et promoteur de l’Agoratoire Académie, le « Café du Savoir » répond à un double objectif.
Le premier est pédagogique. Elle consiste à évaluer régulièrement les jeunes inscrits dans cette école associative d’éloquence. Le second est culturelle : contribuer à la valorisation de la littérature congolaise en associant lecture, débat et exercice oratoire.
« Nous voulons permettre aux jeunes de lire, de comprendre, de défendre une idée et surtout de savoir la porter devant un public », a-t-il expliqué en substance.
Présent à cette rencontre, l’écrivain Henri DJOMBO a salué la qualité des prestations des jeunes orateurs et les textes produits autour de son œuvre.
L’auteur de “Sarah, ma belle-cousine” a également rappelé que son roman est annoncé depuis plusieurs années comme pouvant éventuellement intégrer le programme des classes de terminale A. Une intégration qui reste toutefois soumise à une confirmation officielle. Pour Henri Djombo, l’œuvre pourrait également trouver sa place dans l’enseignement universitaire.
À travers cette édition du « Café du Savoir », l’Agoratoire Académie entend ainsi faire de l’éloquence un outil de formation, de réflexion et de valorisation de la littérature congolaise. Une manière pour ces jeunes de transformer la lecture en parole, et la parole en capacité à penser, argumenter et convaincre.
©️ MALANDA & PANORAMIK-ACTU