RECHERCHE SCIENTIFIQUE : ARCADIUS ONDZALA MADZOU A SOUTENU SA THÈSE SUR LA CHENILLE COMESTIBLE DU CONGO

RECHERCHE SCIENTIFIQUE : ARCADIUS ONDZALA MADZOU A SOUTENU SA THÈSE SUR LA CHENILLE COMESTIBLE DU CONGO

La chenille comestible Haplozana nigrolineata, appréciée pour sa valeur alimentaire et son importance économique, était au centre d’une recherche scientifique à l’Université Marien-Ngouabi. Arcadius Léandre ONDZALA MADZOU a soutenu sa thèse de Doctorat unique consacrée aux aspects bioécologiques et ethno-entomologiques de cette espèce, avec pour perspectives sa préservation, sa valorisation et le développement de son exploitation durable en République du Congo. Intitulée « Quelques aspects bioécologiques et ethno-entomologiques de la chenille de Haplozana nigrolineata Aurivillius, 1901 (Lépidoptère : Notodontidae), insecte comestible en République du Congo », cette recherche s’intéresse à une ressource naturelle qui occupe une place importante dans les habitudes alimentaires et les activités économiques de plusieurs communautés congolaises.

Pour conduire ses travaux, le chercheur a réalisé des enquêtes auprès de 849 personnes afin de documenter les quantités récoltées, les habitudes de consommation et les circuits de commercialisation. Les résultats révèlent une véritable chaîne de valeur impliquant ramasseurs, grossistes et détaillants. Un ramasseur collecte en moyenne 7 kg de chenilles par jour, tandis que les ménages en consomment environ 1 kg quotidiennement.

« Cet insecte, là où il apparaît, crée pratiquement des emplois », explique le nouveau Docteur.

Selon ses estimations, l’exploitation de cette ressource peut générer plus de 68 millions de FCFA par cycle de production. Les femmes occupent une place particulièrement importante dans cette filière, aussi bien au ramassage que dans la commercialisation, notamment au détail.

DES DONNÉES SCIENTIFIQUES POUR PRÉSERVER L’ESPÈCE

Au-delà de son intérêt socio-économique, l’étude apporte des connaissances sur la reproduction et le développement de Haplozana nigrolineata. Une femelle pond en moyenne 343 œufs, avec un taux d’éclosion de 85,33 %. L’incubation dure environ 19 jours, tandis que le développement larvaire s’étend sur 58,48 jours, suivi d’une longue phase souterraine d’environ dix mois.

Ces observations ouvrent des perspectives pour l’élevage et la domestication de cette chenille. Elles permettent également de mieux comprendre les conditions nécessaires à sa reproduction, notamment son association avec deux plantes hôtes identifiées : E. glomeratum et E. psoraleoides.

Mais une préoccupation majeure ressort de ces travaux : la raréfaction progressive de l’espèce dans certaines zones, notamment à Odiba. Une évolution qui renforce l’intérêt des recherches sur sa conservation et la protection de ses habitats naturels.

« À travers la connaissance de la biologie et de l’écologie de cet insecte, on peut conserver l’espèce », souligne Arcadius Léandre ONDZALA MADZOU.

Il envisage également de nouvelles recherches sur sa composition nutritionnelle, qui n’a pas encore été suffisamment analysée, afin de mieux établir son apport dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.

UN JURY UNIVERSITAIRE DE CINQ MEMBRES

La soutenance, organisée à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque de l’Université Marien-Ngouabi, s’est déroulée devant un jury composé de :

  • Président : Pr Arsène LENGA, Université Marien-Ngouabi ;
  • Rapporteur interne : Pr Michel ELENGA, Université Marien-Ngouabi ;
  • Rapporteur externe : Dr Felicia JOHNSON, Université Félix-Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire) ;
  • Examinateur : Pr Joseph YOKA, Université Marien-Ngouabi ;
  • Directeur de thèse : Pr ATTIBAYÉBA, Professeur titulaire CAMES, Université Marien-Ngouabi.

Au terme de la délibération, le jury a rendu son verdict sur les travaux présentés, avec félicitations.

À travers cette recherche, l’Université Marien-Ngouabi contribue à mieux documenter une ressource naturelle dont la préservation et la valorisation pourraient renforcer les revenus des populations, diversifier les sources alimentaires et soutenir le développement durable au Congo.

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