200 000 ARBRES, UNE DÉCENNIE MONDIALE : LE CONGO VEUT MONTRER LA VOIE

200 000 ARBRES, UNE DÉCENNIE MONDIALE : LE CONGO VEUT MONTRER LA VOIE

Le 6 novembre prochain, la République du Congo entend mobiliser plus de 200 000 arbres à l’occasion de la 40e édition de la Journée nationale de l’arbre. Au-delà de cette opération de plantation prévue à Ignié, dans le département de Djoué-Léfini, le pays veut donner une nouvelle dimension à son engagement environnemental, à l’approche de la Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement (2027-2036). Face à la presse, le 30 octobre à Brazzaville, la ministre de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, a présenté les grandes lignes de cette mobilisation, en présence du ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Lézin Moungalla. Placée sous le très haut patronage du président Denis Sassou-N’Guesso, la célébration du 6 novembre vise notamment la mise en terre de plus de 200 000 arbres.

 

Cette initiative nationale s’inscrit dans un projet porté par le Congo à l’échelle internationale. L’idée avait été défendue par le président Dénis Sassou-N’Guesso lors de la COP27, en novembre 2022, à Charm el-Cheikh, en Égypte. Elle a ensuite été portée dans le cadre de la première Conférence internationale sur l’afforestation et le reboisement, organisée à Brazzaville en juillet 2024.

Le 16 avril 2025, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution proclamant la période 2027-2036 « Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement dans le cadre d’une gestion durable des forêts ». Le texte, présenté par la République du Congo, a recueilli 155 voix pour et une voix d’abstention (USA). Il appelle à renforcer la coopération internationale pour enrayer, puis inverser, la réduction du couvert forestier mondial.

L’enjeu est considérable. Selon la FAO, près de 10 millions d’hectares de forêts ont été perdus chaque année dans le monde entre 2015 et 2020. La restauration des écosystèmes forestiers apparaît ainsi comme un levier de lutte contre le changement climatique, de préservation de la biodiversité et de développement durable.

Au plan national, le Programme national d’afforestation et de reboisement (Pronar), lancé en novembre 2011, ambitionne de créer un million d’hectares de plantations forestières et agroforestières. La stratégie ne se limite toutefois pas à la mise en terre des plants. Elle entend également associer les communautés locales, développer l’agroforesterie, soutenir la sécurité alimentaire et favoriser la création d’activités génératrices de revenus.

La jeunesse figure parmi les acteurs prioritaires de cette démarche. Le programme « Jeunes pour la Décennie » prévoit des conférences mobiles et des initiatives dans les quinze départements du pays. À Brazzaville et Pointe-Noire, l’accent sera notamment mis sur la végétalisation des espaces urbains et la restauration des zones dégradées. Dans les autres départements, les jeunes sont encouragés à développer des activités liées à l’économie verte, notamment la production de charbon écologique.

Mais planter ne suffit pas. Interrogée sur le devenir des arbres mis en terre lors des précédentes éditions, Dr Rosalie Matondo a reconnu que certains avaient disparu à la suite de travaux d’aménagement urbain, notamment sur un boulevard où les services techniques n’avaient pas été suffisamment associés. La ministre a également évoqué les difficultés d’entretien et de protection des espaces plantés.

 

« La loi concerne tout le monde. Demandez à chaque Congolais de planter un arbre », a-t-elle lancé, appelant à une mobilisation collective.

Elle a aussi plaidé pour une meilleure organisation de l’entretien des arbres en milieu urbain et pour le développement des compétences dans les métiers du paysage. À cette ambition s’ajoute la perspective du marché carbone et des paiements pour services environnementaux, susceptibles de générer des ressources pour les pays engagés dans la préservation de leurs forêts.

Le 6 novembre 2026 sera donc plus qu’une journée de plantation. Pour le Congo, l’enjeu est désormais de traduire son initiative internationale en résultats durables sur le terrain. Car la réussite de cette Décennie se mesurera autant au nombre d’arbres plantés qu’à leur capacité à grandir et à être protégés.

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