SEMAINE DES FORÊTS FSC 2026 : « FAITES UN GESTE POUR LES FORÊTS », LE CONGO FACE AU DÉFI DE LA GESTION DURABLE
- ForêtsGouvernance forestière
- 24 septembre 2026
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« Faites un geste pour les forêts. » C’est le thème de la Semaine des forêts FSC 2026, organisée du 21 au 27 septembre. Dans le Bassin du Congo, cette campagne mondiale met en lumière un enjeu majeur : préserver les écosystèmes tout en permettant aux forêts de contribuer durablement au développement économique et social. À Brazzaville, une journée d’échange et d’information réunissant des cadres du ministère de l’Économie forestière a permis, le 23 septembre, de présenter les enjeux de la gestion responsable des ressources forestières et le fonctionnement de la certification du Forest Stewardship Council (FSC).
DES FORÊTS ESSENTIELLES À L’ÉQUILIBRE DE LA PLANÈTE
Portée par FSC International, la campagne rappelle le rôle des forêts dans la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité et les moyens de subsistance des populations.
Selon les données présentées lors de la rencontre, les forêts couvrent environ 31 % des terres émergées et abritent une grande partie de la biodiversité terrestre. Elles contribuent également à la protection des sols, au cycle de l’eau et à la régulation du climat.
Plus de 1,6 milliard de personnes dépendent des forêts pour leurs moyens de subsistance. Leur préservation concerne donc à la fois l’environnement, les populations et l’économie.
Le FSC invite ainsi chacun à agir à son niveau, y compris loin des zones forestières, à travers la sensibilisation, des choix responsables et le soutien aux bonnes pratiques.
PRÈS DE 4 MILLIONS D’HECTARES CERTIFIÉS AU CONGO
Dans le Bassin du Congo, plus de 50 millions d’hectares sont destinés à la production forestière, tandis qu’environ 25 millions disposent de plans d’aménagement approuvés. Près de 7 millions d’hectares bénéficient d’une certification FSC en gestion forestière dans les principaux pays concernés.
Responsable du développement des marchés pour le Bassin du Congo et l’Afrique de l’Ouest, Stevie Ruchelle SIANARD BIDJOUA a présenté la répartition de ces superficies : environ 700 000 hectares au Cameroun, 2,5 millions au Gabon et 3,8 millions en République du Congo.
Au Congo, ces superficies comprennent notamment environ 2,1 millions d’hectares pour CIB-Olam, 1,16 million pour IFO, filiale d’Interholco, et plus de 586 000 hectares pour MOKABI SA, du groupe Rougier, certifiée en 2025.
L’ambition affichée pour le Bassin du Congo est d’atteindre 10 millions d’hectares certifiés FSC en gestion forestière d’ici la fin de 2026.
UNE CERTIFICATION VOLONTAIRE ET INDÉPENDANTE
La certification FSC repose sur une démarche volontaire. Une entreprise décide elle-même de soumettre ses activités à cette évaluation.
« L’entreprise décide toute seule d’aller vers la certification, puisqu’il n’y a pas d’obligation légale », a expliqué De Souza FEUJIO.
Le FSC établit les standards de gestion responsable et les règles liées à l’utilisation de sa marque. Assurance Services International (ASI) assure l’accréditation et la supervision des organismes de certification, tandis que des organismes indépendants réalisent les audits sur le terrain et délivrent les certificats lorsque les exigences sont remplies.
La démarche peut commencer par une évaluation préalable ou un pré-audit destiné à identifier les écarts et à définir les mesures correctives. La durée du processus dépend ensuite du niveau de préparation de l’entreprise et des corrections nécessaires.
La traçabilité constitue également un élément central du système. Elle permet de suivre les produits issus d’une forêt certifiée au fil des différentes étapes de transformation et de commercialisation.
« Le système permet de retrouver la trace du bois dans la forêt dans laquelle on a trouvé le bois », a précisé De Souza FEUJIO.
AU CONGO, 10 PRINCIPES ET 70 CRITÈRES
La République du Congo dispose d’un référentiel national FSC de gestion forestière, approuvé le 6 octobre 2020 et entré en vigueur le 6 janvier 2021. Sa version actualisée en 2026 est référencée FSC-STD-COG-02.1-2026, Version 2.1.
Elle repose sur 10 principes et 70 critères, couvrant trois dimensions : environnementale, sociale et économique.
Selon les explications de De Souza FEUJIO, les exigences concernent notamment le respect des lois et conventions applicables, les conditions de travail, la santé, la sécurité et la protection sociale des employés.
La dimension sociale porte également sur les communautés et les peuples autochtones. Les entreprises doivent notamment identifier les villages, les sites culturels ou sacrés, les ressources utilisées par les populations et les éventuelles situations de conflit, avec des mécanismes de dialogue et de règlement des différends.
Sur le plan environnemental, le référentiel prévoit notamment la protection des habitats et des espèces, la conservation des zones à haute valeur de conservation, le maintien d’écosystèmes représentatifs et la limitation du recours aux pesticides les plus dangereux.
VALORISER LA FORÊT AU-DELÀ DU BOIS
La gestion responsable ne se limite pas à l’exploitation du bois. Elle peut également intégrer les produits forestiers non ligneux, la biodiversité et les services écosystémiques.
Cette diversification peut contribuer à développer de nouvelles activités, à renforcer les chaînes de valeur et à accéder à certains marchés attachés à la traçabilité et à la durabilité.
Le FSC présente par ailleurs son système comme pouvant soutenir les démarches des entreprises concernées par le Règlement européen contre la déforestation (RDUE/EUDR).
Pour De Souza FEUJIO, la certification FSC constitue, selon son appréciation, un référentiel particulièrement exigeant en matière de gestion responsable.
La Semaine des forêts FSC entend enfin élargir la mobilisation au-delà des entreprises et des professionnels du secteur.
Selon les chiffres présentés lors de la rencontre, l’édition 2025 avait généré plus de 140 millions d’impressions, mobilisé plus de 70 pays et enregistré près de 1 000 inscriptions d’organisations.
Au Congo, des visites ont notamment été effectuées auprès de CIB, MOKABI et IFO pour échanger sur les défis de la gestion durable et renforcer la sensibilisation autour de la campagne.
« Chacun à son niveau a sa responsabilité », rappelle l’un des messages portés durant cette semaine.
Pour le Congo, où la forêt représente un enjeu économique, social et environnemental majeur, le défi consiste désormais à concilier valorisation des ressources, protection de la biodiversité et préservation des moyens de subsistance des populations.
C’est autour de cet équilibre que s’inscrit la Semaine des forêts FSC 2026.