CONGO : MALGRÉ LA BAISSE DES FINANCEMENTS INTERNATIONAUX, LES NATIONS UNIES REVENDIQUENT DES RÉSULTATS SOLIDES EN 2025

CONGO : MALGRÉ LA BAISSE DES FINANCEMENTS INTERNATIONAUX, LES NATIONS UNIES REVENDIQUENT DES RÉSULTATS SOLIDES EN 2025

Brazzaville. Le Système des Nations Unies (SNU) en République du Congo a présenté, le 12 juin 2026, son Rapport annuel des résultats 2025, mettant en lumière les progrès enregistrés dans les domaines de la gouvernance, de la santé, de l’éducation, de l’emploi des jeunes et de la diversification économique.

 

La présentation du rapport s’est tenue en présence du Coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Congo, Abdourahamane Diallo, accompagné des responsables des agences onusiennes, notamment Fatimata Barry (UNESCO), Ricarda Mondry (FAO) et Gon Myers (PAM), ainsi que du représentant du gouvernement congolais, Aimé Blaise Nitoumbi, Directeur général du Partenariat au Développement au ministère de l’Économie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective.

Mobilisant 25 agences des Nations Unies, dont 12 résidentes et 13 non résidentes, le SNU a conduit ses interventions dans le cadre du Plan-cadre de coopération 2020-2026, avec pour objectif d’accompagner les priorités nationales de développement tout en veillant à ce que les populations les plus vulnérables ne soient pas laissées de côté.

Malgré un contexte international marqué par la multiplication des crises humanitaires, climatiques et sécuritaires ainsi que par la baisse des financements de la coopération internationale, les agences onusiennes affirment avoir atteint, voire dépassé, plusieurs objectifs inscrits dans le Cadre de coopération.

 

« Les agences, les fonds et programmes des Nations Unies ont réussi à atteindre, voire à dépasser plusieurs des objectifs qui leur étaient assignés dans le plan-cadre de coopération », a souligné Fatimata Barry, représentante de l’UNESCO au Congo et présidente du Groupe de communication des Nations Unies.

 

Plus de 64 millions de dollars investis au service du développement

En 2025, le SNU a mobilisé 64,4 millions de dollars américains pour accompagner les priorités nationales de développement. Plus de 57 % de ces ressources ont été consacrées aux secteurs de la santé, de la nutrition, de la protection sociale ainsi qu’à l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

Le Coordonnateur résident du SNU, Abdourahamane Diallo, a toutefois rappelé que les besoins demeurent supérieurs aux ressources disponibles.

 

« Nous souhaitions mobiliser près de 100 millions de dollars. À la fin, nous avons réalisé environ 65 millions. Cela représente près de 30 millions de dollars de déficit de financement », a-t-il indiqué.

 

Gouvernance et droits humains : des avancées notables

Les Nations Unies ont accompagné la mise en œuvre du Plan stratégique de réforme de l’État 2025-2029, la modernisation de l’administration publique ainsi que les efforts de digitalisation des services publics.

Dans le domaine des droits humains, 22 recommandations issues de l’Examen Périodique Universel ont été mises en œuvre avec l’appui du SNU. Plus de 1 500 magistrats, agents d’état civil et acteurs judiciaires ont également été formés afin d’améliorer l’accès à la justice et la protection des groupes vulnérables.

Selon les responsables onusiens, les bases d’une gouvernance plus transparente, inclusive et participative ont été consolidées grâce à la coopération entre les institutions nationales et les partenaires au développement.

 

Santé : recul historique de la mortalité maternelle

Le secteur de la santé figure parmi les domaines ayant enregistré les résultats les plus significatifs. Selon l’UNFPA, le taux de mortalité maternelle est passé de plus de 750 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2005 à 241 décès en 2025.

 

« Une mort d’une mère qui donne la vie est déjà une mort de trop. Nous devons continuer à agir pour qu’aucune femme ne perde sa vie en donnant naissance », a rappelé la représentante résidente de l’UNFPA, Dr Agnès Kayitankore.

 

Le rapport met également en évidence des progrès dans la vaccination, la nutrition, les soins de santé communautaires et la prise en charge des populations vulnérables.

 

Jeunesse et emploi : le pari du capital humain

Avec près de 76 % de la population âgée de moins de 35 ans, la jeunesse demeure une priorité des interventions onusiennes.

Plus de 150 000 jeunes ont bénéficié d’actions de renforcement des capacités dans les domaines de l’éducation, de la santé, du numérique, du leadership et de l’entrepreneuriat. Plus de 12 000 jeunes ont été formés à l’entrepreneuriat et à la création d’activités génératrices de revenus.

Grâce au Programme multisectoriel intégré de soutien à l’entrepreneuriat, près de 5 000 entreprises créées par des jeunes ont été formalisées, tandis que plus de 3 000 jeunes, dont 60 % de femmes, ont intégré le marché du travail à travers différents dispositifs d’insertion professionnelle.

 

« La jeunesse doit être en bonne santé, éduquée et employable. On ne peut pas atteindre le développement si l’on n’investit pas simultanément dans ces différents secteurs », a insisté Dr Agnès Kayitankore.

 

Réponse humanitaire et développement territorial

Les Nations Unies ont également joué un rôle majeur dans la gestion des crises humanitaires. En 2025, plus de 33 000 réfugiés ont bénéficié d’une assistance, tandis que 39 000 personnes affectées par les inondations ont reçu un soutien d’urgence.

La Likouala, qui accueille près de 35 000 réfugiés centrafricains, a été retenue comme département pilote de la stratégie de convergence des interventions. Un programme intégré de 41,9 millions de dollars y est déployé afin d’agir simultanément sur les services sociaux de base, le développement économique, la gouvernance locale et le désenclavement.

 

Vers un nouveau cadre de coopération 2027-2031

À quelques mois de la fin du cycle de coopération 2020-2026, les Nations Unies et le gouvernement congolais préparent déjà le futur Cadre de coopération 2027-2031.

Les prochaines priorités devraient s’articuler autour de quatre axes majeurs : la gouvernance, le capital humain, la diversification économique et la valorisation du capital naturel.

 

« Ensemble, nous continuerons à faire de la coopération un levier de transformation au service de toutes et tous, sans laisser personne de côté », a conclu Abdourahamane Diallo.

 

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