MALADIES TROPICALES NÉGLIGÉES : LE CONGO LANCE UNE OFFENSIVE NATIONALE POUR ACCÉLÉRER LEUR ÉLIMINATION D’ICI 2030

MALADIES TROPICALES NÉGLIGÉES : LE CONGO LANCE UNE OFFENSIVE NATIONALE POUR ACCÉLÉRER LEUR ÉLIMINATION D’ICI 2030

Face à la persistance des maladies tropicales négligées (MTN) qui continuent d’affecter les populations les plus vulnérables, le ministère de la Santé et de la Population (MSP), avec l’appui technique et financier de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a lancé à Brazzaville un atelier national de formation des formateurs sur le dépistage et la prise en charge des MTN à manifestations cutanées. Organisée du 16 au 19 juin au siège de l’OMS Congo, cette première initiative du genre dans le pays réunit les responsables des programmes nationaux de lutte contre les MTN, des experts régionaux de l’OMS Afrique, des médecins-chefs de districts sanitaires ainsi que plusieurs professionnels de santé impliqués dans la lutte contre ces pathologies.

 

Cette session vise à renforcer les compétences techniques et pédagogiques des acteurs de terrain afin d’améliorer le diagnostic précoce, la prise en charge des patients, la surveillance épidémiologique et la qualité des données sanitaires.

À terme, l’ambition est de disposer de personnels mieux outillés pour freiner la propagation de ces maladies et réduire leur impact sur les communautés.

Ouvrant les travaux au nom du ministre de la Santé et de la Population, François LIBAMA, Conseiller chargé des Programmes et Projets de santé, a rappelé que les maladies tropicales négligées demeurent un défi majeur de santé publique au Congo.

« Le Congo, à l’instar d’autres pays de la région africaine de l’OMS, est affecté par des maladies tropicales négligées, notamment celles à manifestation cutanée. Elles sont co-endémiques à différents niveaux dans tous les départements de notre pays, particulièrement dans les zones forestières et enclavées », a-t-il souligné.

Parmi les maladies déjà couvertes par les programmes nationaux figurent notamment la lèpre, le pian, l’ulcère de Buruli, l’onchocercose et la filariose lymphatique. À celles-ci s’ajoutent désormais plusieurs affections intégrées dans le Plan directeur national de lutte contre les MTN 2023-2027, notamment la leishmaniose cutanée, le mycétome, les mycoses superficielles, la gale, les ectoparasitoses, le noma, la rage ainsi que les envenimations par morsure de serpent.

Le responsable a également mis en lumière les principales difficultés qui freinent l’efficacité des interventions sur le terrain.

« La lutte contre ces endémies est marquée par un dépistage tardif, une sous-notification des cas, des biais dans la collecte des données de base, une faible éducation thérapeutique, un traitement parfois inadapté ou incomplet ainsi qu’un faible suivi-évaluation au niveau des formations sanitaires », a-t-il déclaré.

Selon François LIBAMA, ces insuffisances s’expliquent notamment par le manque de ressources humaines qualifiées, mais également par l’insuffisance des moyens matériels et financiers consacrés à cette lutte.

Dans son allocution, le représentant de l’OMS au Congo, le Dr Vincent DOSSOU SODJINOU, dont le message a été lu par le Dr Guy Michel Mbemba MOUTOUNOU, a rappelé que cet atelier s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées 2021-2030.

Il a souligné que les MTN à manifestations cutanées regroupent plusieurs affections parasitaires, bactériennes et fongiques qui touchent principalement les populations pauvres, marginalisées et vivant dans des zones rurales ou semi-urbaines à faible accès aux services sociaux de base.

Selon les estimations de l’OMS, plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent encore sous la menace de ces maladies pourtant évitables et traitables. Au-delà de leurs conséquences sanitaires, elles favorisent l’exclusion sociale, la stigmatisation, le handicap et entretiennent durablement le cycle de la pauvreté.

« À mesure que 2030 se rapproche, chaque année de retard menace de laisser des millions de personnes pour compte si rien n’est fait. Face à cette situation, l’urgence se fait sentir », a averti l’Organisation.

Pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030, l’OMS recommande notamment le renforcement des capacités des professionnels de santé et des agents communautaires, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, le développement d’outils diagnostiques performants, le renforcement de la lutte antivectorielle et l’intégration des systèmes de surveillance.

À l’issue des quatre jours de travaux, les participants devront être capables de diffuser les nouvelles approches de prévention, de dépistage, de traitement et de suivi des cas dans leurs zones d’intervention respectives.

« Unissons-nous et agissons avec urgence contre les maladies tropicales négligées, pas plus tard, pas à une date ultérieure, mais maintenant », a exhorté l’OMS, appelant l’ensemble des acteurs à accélérer les efforts pour atteindre l’objectif d’élimination de ces maladies d’ici 2030.

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