SANTÉ AU CONGO : LE GOUVERNEMENT ÉVALUE LES PERFORMANCES DES HÔPITAUX ET ANNONCE UN RENFORCEMENT DE LA GOUVERNANCE

SANTÉ AU CONGO : LE GOUVERNEMENT ÉVALUE LES PERFORMANCES DES HÔPITAUX ET ANNONCE UN RENFORCEMENT DE LA GOUVERNANCE

Évaluer les performances des établissements hospitaliers, corriger les insuffisances constatées au cours du premier semestre et accélérer les réformes destinées à garantir des soins de qualité à tous les Congolais. Telle est l’ambition de la Revue à mi-parcours des activités des hôpitaux, ouverte mardi à Brazzaville sous le thème : « Consolidation de l’offre et de l’accès aux soins de santé ». Organisée jusqu’au 17 juillet par le ministère de la Santé et de la Population, avec l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cette rencontre réunit les responsables des hôpitaux, les directeurs départementaux des soins et services de santé, les partenaires techniques et financiers ainsi que les agences du système des Nations Unies.

 

À l’ouverture des travaux, le Directeur Général des Soins et Services de Santé, Pr Henri Germain MONABEKA, a présenté cette revue comme un cadre stratégique de dialogue, d’apprentissage collectif et de prise de décision fondée sur des données probantes, exclusivement consacré à la gouvernance hospitalière.

Il a souligné qu’il s’agit d’un véritable espace d’échanges entre le niveau central et les acteurs de terrain, favorisant l’intégration des réalités opérationnelles dans les processus de décision, le renforcement d’une culture de gestion axée sur les résultats ainsi que le mentorat institutionnel entre établissements hospitaliers.

« La revue des hôpitaux est exclusivement consacrée à la gouvernance hospitalière (…) pour un objectif commun, celui d’évaluer les performances enregistrées, d’analyser objectivement les difficultés rencontrées, de partager les bonnes pratiques et de dégager des solutions concrètes susceptibles d’améliorer durablement l’accès des populations à des soins de santé de qualité », a-t-il déclaré.

Selon lui, les quatre jours de travaux permettront également d’évaluer le niveau de mise en œuvre des recommandations formulées lors de la revue de juillet 2024, d’identifier les principaux goulots d’étranglement et de définir des mesures opérationnelles pour le second semestre 2026.

Le Pr MONABEKA a par ailleurs indiqué que la Couverture d’assurance maladie universelle (CAMU) et la digitalisation du système de santé figurent parmi les principaux chantiers examinés afin d’améliorer l’accès aux soins et la qualité des données sanitaires.

L’OMS appelle à une gouvernance fondée sur les résultats

Au nom de l’OMS et de l’ensemble des partenaires du secteur de la santé, le représentant résident de l’organisation au Congo, Dr Vincent Dossou SODJINOU, a salué une initiative qui s’inscrit dans une logique de gouvernance fondée sur la planification, l’évaluation et la qualité des données.

« La revue à mi-parcours est un moment stratégique. Elle nous permet d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des plans de travail hospitaliers, d’identifier les défis persistants et d’apporter les ajustements nécessaires, de renforcer la cohérence entre les hôpitaux et les priorités nationales de santé », a-t-il indiqué.

Le représentant de l’OMS a rappelé que la performance d’un hôpital repose notamment sur une gouvernance efficace, la gestion des ressources humaines, la disponibilité des médicaments, la fiabilité des systèmes d’information, la sécurité des soins et la préparation aux urgences sanitaires. Il a également attiré l’attention sur la recrudescence de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, soulignant la nécessité pour les établissements de santé de renforcer leurs capacités de prévention, de détection précoce et de prise en charge.

Les participants ont également suivi la restitution des conclusions de la Conférence stratégique africaine sur la prévention et la réponse aux exploitations, abus et harcèlements sexuels (PRS/PSEA). À cette occasion, l’OMS a réaffirmé son engagement, aux côtés de ses partenaires, à accompagner la mise en œuvre du Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) et des recommandations qui découleront de cette revue, en vue d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030.

 Les responsables hospitaliers face à leurs responsabilités

Ouvrant officiellement les travaux, le ministre de la Santé et de la Population, Pr Jean-Rosaire IBARA, a inscrit cette revue dans la dynamique de modernisation du système sanitaire voulue par le Président de la République, Dénis Sassou N’Guesso« La valeur d’une société se mesure à la manière dont elle prend soin de ses malades et protège ses plus vulnérables », une maxime, portée par le ministre, qui vient illustrer l’ambition du gouvernement congolais de renforcer le système national de santé, conformément aux orientations du projet de société « Accélérons la marche vers le développement ».

Il a décliné les quatre priorités du Gouvernement : la valorisation des ressources humaines, le développement des infrastructures sanitaires, le renforcement de la gouvernance et l’amélioration continue de la qualité des services, conformément aux standards internationaux.

Pour le Pr Jean-Rosaire IBARA, cette revue doit produire des résultats concrets.

« La présente revue doit être un outil concret d’évaluation et de décision : chaque hôpital doit rendre compte de ses performances, identifier ses faiblesses et proposer des solutions réalistes », a-t-il ajouté.

Estimant que la santé constitue un droit universel, le ministre a appelé les responsables hospitaliers à faire de la performance, de la transparence et de la redevabilité les principes directeurs de leur gestion.

 

« Responsables hospitaliers, vous êtes directement comptables des résultats. Vous devez instaurer une culture de gestion fondée sur les résultats, garantir la transparence dans l’utilisation des ressources publiques et assurer une amélioration continue des prestations. Toute défaillance sera considérée comme une faute de gestion engageant votre responsabilité », a-t-il fait savoir.

Il a enfin insisté sur la mise en œuvre effective des recommandations qui seront formulées à l’issue de cette revue, car selon lui, « la redevabilité est désormais la règle : servir la population avec rigueur et probité est une obligation, non une option ».

À l’issue des travaux, les autorités sanitaires entendent disposer d’une feuille de route actualisée pour renforcer la gouvernance hospitalière, améliorer les performances des établissements de santé et consolider l’accès équitable des populations à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire national.

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