80 ans de l’ONU : Réformes, perspectives et partenariat renforcé au cœur des échanges à Brazzaville

80 ans de l’ONU : Réformes, perspectives et partenariat renforcé au cœur des échanges à Brazzaville

À l’occasion de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui se tient à New York depuis le 19 septembre sous le thème « Meilleur ensemble : 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits humains », le Coordonnateur résident du Système des Nations-Unies au Congo, Abdourahme DIALLO, a échangé ce jeudi 25 septembre avec la presse sur l’actualité de l’ONU et ses perspectives dans un contexte mondial marqué par les défis du développement durable. Il a également présenté le calendrier des activités prévues à Brazzaville pour célébrer les 80 ans des Nations-Unies.

 

Dans son allocution introductive, M. DIALLO a rappelé que cette rencontre était « un moment de célébration et de réflexion sur l’action de l’organisation et sur l’avenir du multilatéralisme », ajoutant que « l’Assemblée générale de l’ONU est la grande messe où l’ensemble des États membres se réunit chaque année pour statuer sur les maux du monde et discuter de la meilleure façon de progresser ensemble ».

 

Le point de presse a permis aux journalistes d’obtenir des éclaircissements sur les opérations de maintien de la paix, les priorités stratégiques de l’ONU pour les années à venir, les coupes budgétaires et ainsi que sur le rôle du pays dans la diplomatie mondiale. Ont également été abordés le renforcement du rôle de l’ONU face aux nouveaux défis, l’éventualité d’un nouveau cadre d’assistance et le programme d’activités à venir.

 

Concernant les coupes budgétaires touchant des secteurs tels que la nutrition, la santé, l’accueil des réfugiés et les ODD, l’ONU au Congo prévoit d’adapter ses interventions grâce à « un suivi régulier par secteur pour identifier les impacts et rechercher des solutions alternatives » et à « la solidarité inter-agences ».

 

« Certains mandats peuvent être révisés et la configuration des agences modifiée. Il ne s’agit pas de supprimer des agences, mais parfois de les fusionner ou d’harmoniser leurs missions, car certaines ont des mandats très similaires », a expliqué le Coordonnateur du SNU au Congo. Il a précisé que l’initiative ONU80, lancée en mars dernier par le Secrétaire général António Guterres, vise à « améliorer l’efficience opérationnelle de l’organisation, réexaminer l’exécution des mandats des agences, fonds et programmes et recenser les possibilités de réformes structurelles ».

 

Parmi les alternatives pour mobiliser davantage de financements, le Coordonnateur résident a mentionné des discussions approfondies entre l’ONU et le Congo sur l’optimisation des ressources locales et la mobilisation de partenaires, notamment du secteur privé, ainsi que le déblocage de fonds déjà disponibles mais mal utilisés.

M. DIALLO a également salué « le rôle moteur du Congo dans les débats mondiaux, en particulier sur le climat et l’environnement ». Il a rappelé que le pays avait accueilli plusieurs grands rendez-vous internationaux, notamment la Conférence internationale sur l’afforestation et le reboisement, la Décennie des Nations-Unies pour le reboisement, ainsi que le Sommet des Trois Bassins en octobre 2023 réunissant les pays des principaux bassins forestiers tropicaux. « Le Congo est l’un des leaders et champions des questions climatiques au niveau régional et mondial », a-t-il affirmé.

 

 

 

Rappelant que l’ONU doit se réinventer pour mieux répondre aux besoins des populations, M. DIALLO a souligné l’un des vœux majeurs des dirigeants africains : “un ordre mondial plus équitable, reflétant la place géopolitique croissante du continent et remédiant à sa marginalisation historique”. À la tribune de l’AG de l’ONU, ces dirigeants ont plaidé également pour une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité, estimant que la configuration actuelle est obsolète et injuste.

Pour célébrer les 80 ans de l’ONU, plusieurs activités sont prévues à Brazzaville en octobre : tribunes radio-télévisées sur la gouvernance, la santé, l’éducation et la diversification économique ; exposition photos retraçant 60 ans de coopération ONU–Congo ; causeries-débats avec des jeunes universitaires sur l’impact de l’ONU au Congo ; salon de l’emploi pour les jeunes et les personnes en situation de handicap ; ainsi qu’une cérémonie officielle le 24 octobre, Journée des Nations-Unies, réunissant le corps diplomatique, les partenaires techniques et financiers, et les autorités congolaises.

 

Ces initiatives reflètent « la volonté commune de renforcer le partenariat ONU–Congo afin que la feuille de route des ODD reste notre tableau de bord et notre raison d’être », a fait savoir M. DIALLO, invitant les Congolais, tout particulièrement les jeunes, à s’approprier cette commémoration et à proposer leurs propres initiatives s’inscrivant dans cette dynamique commémorative.

 

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