🇨🇬 VASIÈRE– TSÉDOUA (Makoua) : une mobilisation citoyenne pour désenclaver une route en détresse
- Infrastructures
- 25 juin 2026
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Face à la dégradation avancée de la voie reliant Makoua-centre à plusieurs villages du district de Makoua, les cadres et ressortissants de cette localité ont tenu il y a quelques jours une rencontre à Brazzaville afin de lancer un plan d’urgence communautaire. Au cœur des discussions : la vasière de Tsédoua, un tronçon critique devenu quasi impraticable, isolant progressivement les villages de Doua, Opara, Enguindi, Aboua et Mouandzé.
Une situation qui, selon les participants, menace directement l’accès à l’éducation, aux soins et à la circulation des biens.
« Si rien n’est fait, ce ne sont pas seulement les routes qui disparaîtront, mais toute une dynamique sociale et scolaire », alerte un responsable technique du projet, NGUIA Eddy.
Un corridor vital de 35 km menacé
Le projet porte sur un axe d’environ 35 kilomètres reliant Makoua aux zones rurales environnantes. La zone de Tsédoua, située entre Doua et Osuangi, est considérée comme le point le plus critique du parcours.
Selon les techniciens, la réhabilitation nécessite une intervention en trois phases : débroussaillage, dessouchage, puis construction d’ouvrages durables. Parmi les solutions envisagées figure l’installation de structures métalliques de type IPN associées à des madriers en bois pour stabiliser les passages.
« Ce type de solution a déjà été utilisé sur d’anciens axes routiers du nord et a permis de maintenir la circulation dans des zones marécageuses », précise un membre de l’équipe technique.
Une initiative communautaire structurée
Présidée par Martin SONGA, l’initiative baptisée « Ensemble pour vaincre la vasière Tsédoua » mise sur un financement participatif des ressortissants du district. Une première collecte interne a été annoncée, avec une contribution différenciée selon les capacités sociales et professionnelles.
« Nous devons d’abord compter sur nos propres forces avant de solliciter d’autres appuis », a insisté un organisateur lors de la rencontre.
Le projet prévoit également la mise en place d’un bureau exécutif, d’une commission de contrôle et de relais dans plusieurs villes du pays afin d’assurer la transparence et le suivi des fonds.
Un enjeu social majeur
Au-delà des infrastructures, les habitants évoquent une urgence sociale. Plusieurs écoles de la zone seraient aujourd’hui fermées faute d’enseignants, contraints par l’inaccessibilité de la route.
« Les enfants sont obligés de se déplacer vers Makoua-centre pour suivre les cours, ce qui fragilise les familles », souligne un intervenant.
Un appel à l’État et à la solidarité nationale
Les initiateurs appellent également à l’implication des autorités publiques, de la société civile et des fils du district vivant à Brazzaville et ailleurs.
Pour eux, la réhabilitation de Tsédoua n’est pas seulement un chantier routier, mais un levier de survie pour des communautés entières menacées d’isolement.
Dans un contexte de forte attente sociale, cette mobilisation communautaire apparaît comme une tentative de transformer un point de rupture en symbole de résilience locale.