Doctorat à Brazzaville : Guy Gérard-Briand Kimia analyse le français parlé au Congo

Doctorat à Brazzaville : Guy Gérard-Briand Kimia analyse le français parlé au Congo

Le 9 février 2026, à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH) de l’Université Marien Ngouabi à Brazzaville, Guy Gérard-Briand KIMIA a soutenu sa thèse de doctorat devant un jury international sur « L’étude des déterminants indéfinis en français parlé au Congo ». À l’issue de la soutenance, il a été nommé Docteur avec la mention Très Honorable et félicitations du jury, rejoignant ainsi le cercle des docteurs de l’université Marien NGOUABI au Congo.

 

La thèse de Guy Gérard-Briand KIMIA porte sur l’usage et le fonctionnement des déterminants indéfinis (adjectifs indéfinis) dans le français parlé au Congo, tels qu’ils se manifestent dans la vie quotidienne. Elle repose sur un corpus oral, permettant d’analyser le français tel qu’il est réellement utilisé en République du Congo, loin des seules normes scolaires.

 

« Aujourd’hui, on ne peut pas parler français au Congo sans parler des déterminants. Les adjectifs indéfinis sont une catégorie rare que nous ne connaissons pas suffisamment », a-t-il expliqué, soulignant que son travail visait à montrer que le français parlé au Congo et en Afrique centrale possède ses propres particularités.

Il a donné quelques exemples concrets : « Il y avait assez de gens là-bas… La majorité de personnes sont venues… Comme il y a un certain nombre d’emplois, la majorité de personnes sont venues ».

Le travail est structuré en deux grandes parties : un cadre théorique et méthodologique, une analyse descriptive des faits linguistiques observés dans le corpus.

« Réalisées grâce à un corpus oral, la première partie nous a permis de définir l’état de la question selon les grammaires et de constituer le corpus. La deuxième partie a étudié tous les déterminants indéfinis, simples et complexes, et ceux des constructions à valeur existentielle et non existentielle », a précisé le doctorant.

Selon lui, l’analyse met en évidence : l’existence d’emplois non standards des déterminants indéfinis, des usages expliqués par des écarts, des confusions et une dynamique linguistique propre, des formes qui tendent à se stabiliser au sein de la communauté linguistique congolaise. « Aujourd’hui, nous pouvons dire que les Congolais ont une connaissance approximative de la langue française », estime-t-il, suffisante pour assurer une communication efficace.

Un jury international convaincu

La thèse, dirigée par le Pr Édouard NGAMOUNTSIKA, a été évaluée par un jury mixte comprenant : Pr Arsène ELONGO, président du jury (Université Marien Ngouabi, Congo) ; Pr Modou NDIAYE, rapporteur externe (Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal) ; Pr Florence LEFEUVRE, examinateure (Université Sorbonne Nouvelle, France) ; Ferdinand OTSIEMA GUELLELY, maître de conférences (Université Marien Ngouabi, Congo).

Pour le Pr Édouard NGAMOUNTSIKA, « la faute, c’est une situation de classe. Quand il y a faute, il y a sanction », précisant qu’en dehors du cadre scolaire, il ne s’agit pas de faute linguistique. « Ce qui fait la loi en langue, c’est l’usage des gens », rappelle-t-il. Selon lui, certaines constructions peu fréquentes en France peuvent être largement utilisées en Afrique, contribuant à l’émergence d’une norme linguistique propre, appelée à évoluer et à dépasser le cadre national.

La Pr Florence LEFEUVRE a salué un travail remarquable reposant sur des exemples attestés issus de l’usage réel, soulignant qu’il contribue à « une prise de conscience de la diversité des formes du français et de la force que représentent ces variations ». Elle a insisté sur la nécessité de publier les résultats dans des revues spécialisées afin de partager ces observations à un public plus large.

Les recommandations et remarques du président du jury

Le Pr Arsène ELONGO a salué un travail bien préparé, bien documenté et bien justifié, tout en rappelant que le corpus repose sur un échantillon et non sur l’ensemble des locuteurs congolais. Il a insisté sur la nécessité de mieux catégoriser les données selon l’âge, les profils sociaux et les contextes d’usage. « La science ne veut pas quelque chose de vague », a-t-il martelé, appelant à plus de précision dans la présentation des sources, du protocole d’enquête et des résultats, notamment pour de futures publications scientifiques.

Le Pr Modou NDIAYE a salué le caractère  intéressant et original de la thèse, mettant en lumière la fréquence, les fonctions pragmatiques et les écarts d’usage des déterminants indéfinis. Il a rappelé que « parler de français standard opposé aux autres français installe une hiérarchie qui ne se justifie pas d’un point de vue linguistique », préférant l’idée d’un français commun partagé par l’ensemble de la francophonie.

À l’issue des échanges, le jury a unanimement reconnu la qualité du travail.

« Vous êtes capable de devenir maintenant docteur de l’Université Marien Ngouabi avec la mention Très honorable avec félicitations du jury », a déclaré le jury dans sa délibération officielle.

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