« Nous devons faire preuve de modestie… Ce n’est pas nous qui détenons le pouvoir, c’est le peuple. » Anicet G. Dologuélé

« Nous devons faire preuve de modestie… Ce n’est pas nous qui détenons le pouvoir, c’est le peuple. » Anicet G. Dologuélé

  • Politique
  • 11 octobre 2025
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Le 8 octobre 2025, l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA) a organisé son tout premier congrès extraordinaire à Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Lors de cet événement, les participants ont unanimement choisi Anicet Georges Dologuélé, président du parti, comme candidat à l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025. 

 

Cette décision a suscité une vive réaction du Bloc républicain pour la défense de la démocratie (BRDC), qui, à travers un communiqué officiel, a annoncé l’exclusion de l’URCA de ses rangs pour cause de trahison. Le BRDC s’est toujours opposé à la reconnaissance de la Constitution adoptée le 30 août 2023. Or, selon le BRDC, le fait de renoncer à une nationalité étrangère pour se conformer à cette Constitution équivaut implicitement à admettre sa validité.

Lors d’une conférence de presse exclusive, Anicet Georges Dologuélé a tenu à clarifier sa position. Il a expliqué les motivations personnelles et celles de son parti quant à leur participation aux prochaines élections groupées en République centrafricaine, répondant ainsi aux interrogations soulevées par cette controverse.

Anicet-Georges Dologuélé a affirmé avec conviction qu’il demeure fidèle à son peuple malgré ses imperfections : il ne se voit pas comme un traître et refuse toute idée de trahison.

L’homme politique appelle à une mobilisation concrète : devons-nous simplement critiquer la mauvaise gouvernance sans passer à l’action ? Selon lui, agir est essentiel pour mettre fin au régime de Faustin-Archange Touadéra. Avec des efforts conjoints, tout peut devenir possible.

Son discours s’inscrit dans une dynamique de responsabilisation, rappelant que l’opposition ne peut se contenter de conférences de presse mais doit affronter le défi électoral. Cette déclaration intervient après sa décision de renoncer à la nationalité française, un geste perçu comme un signal fort de sa probable candidature à la présidence centrafricaine.

Cependant, cet acte symbolique soulève une interrogation politique importante, alimentant le débat autour d’une contradiction stratégique. Ses opposants n’ont pas manqué de relever ce paradoxe, mais Dologuélé semble revendiquer ce choix au titre du pragmatisme politique.

Pour l’opposant principal du régime en place, la stratégie est désormais claire : plutôt que de conforter une opposition passive, il faut se mesurer directement au pouvoir dans les urnes.

 

Une opposition à la recherche d’unité et de coordination

Le départ du président de l’URCA du BRDC met en lumière une crise de cohésion au sein de l’opposition centrafricaine. Entre ceux qui prônent le boycott et ceux qui privilégient la participation, les divisions s’intensifient, sapant un front uni pourtant indispensable pour envisager une alternance politique.

Plusieurs sources de tension marquent le débat : la réforme de l’Autorité Nationale des Élections (ANE), la question du Conseil constitutionnel, et avant tout, l’absence d’une candidature unique face au président sortant.

Vers une opposition plus active en Centrafrique 

 

Au-delà des controverses, l’initiative d’Anicet-Georges Dologuélé traduit un désir de rompre avec l’inertie politique. En optant pour une stratégie électorale, il cherche à repositionner l’opposition sur le terrain de la légitimité démocratique et de la responsabilité citoyenne. Anicet Georges Dologuélé exhorte ses anciens alliés du Bloc Républicain pour la Défense de la Démocratie (BRDC) à faire preuve de modestie et insiste sur l’importance de respecter le peuple.

©️Arsène Jonathan Mosseavo (LANOCA/RCA)

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