Quelles alternatives économiques pour un Congo sans or noir ? : une table ronde initiée par la RPDH pour penser la transition énergétique.

Quelles alternatives économiques pour un Congo sans or noir ? : une table ronde initiée par la RPDH pour penser la transition énergétique.

Le projet « Préparer l’après-pétrole au Congo » (PAPCo) a franchi une étape décisive avec la tenue, du 10 au 11 juillet à Brazzaville, de la table ronde nationale des parties prenantes sur l’après-pétrole. Portée par la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH), avec l’appui technique de l’Energy Transition Fund (ETF) et le soutien financier de Rockefeller Philanthropy Advisors (RPA), cette assise a réuni une diversité d’acteurs publics, privés, académiques et issus de la société civile autour des objectifs communs : jeter les bases d’une transition énergétique juste et équitable en République du Congo, réduire la dépendance au pétrole, diversifier l’économie nationale.

 

Le Congo produit du pétrole depuis plus de 50 ans, ressource qui a longtemps été la principale source de revenus de l’État. Mais, cette dépendance s’est aussi accompagnée de vulnérabilités économiques majeures, notamment en période de chute des cours mondiaux. Le projet PAPCo entend répondre à cette problématique de manière anticipée, en promouvant une diversification économique respectueuse de l’environnement et en réfléchissant collectivement aux pistes de sortie de la rente pétrolière.

 

 

« À chaque contre-choc pétrolier, notre économie tousse. Nous devons sortir d’une économie de rente. L’après pétrole se prépare maintenant, c’est-à-dire qu’il est temps de penser une alternative durable », a plaidé Christian MOUNZEO, Coordonnateur national de la RPDH, expliquant que le moment est venu de réfléchir aux secteurs porteurs susceptibles d’assurer une économie résiliente et moins dépendante du pétrole.

 

LA TABLE RONDE NATIONALE : un espace de dialogue intersectoriel.

Pendant deux jours, panels thématiques, présentations d’experts, partages d’expériences et travaux de groupe ont rythmé les échanges entre représentants du Gouvernement, entreprises, universitaires, communautés locales et Organisations de la Société Civile (OSC). Les discussions ont porté sur les enjeux énergétiques, environnementaux, économiques et sociaux de la transition, mais aussi sur les solutions pratiques à mettre en œuvre à court et moyen terme.

Consultant, l’Enseignant-chercheur à l’Université Marien NGOUABI (Faculté des Sciences Économiques), Jean Chrios MOUKALA, a insisté sur la double nécessité de passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables et de transformer l’économie congolaise d’un modèle de rente vers un modèle productif. Il a notamment rappelé le potentiel énergétique du pays (hydraulique, solaire, biomasse) et les opportunités agricoles, touristiques et logistiques à développer.

Au terme des travaux, les participants ont adopté une pré-feuille de route structurée autour de 9 axes stratégiques, qui devra servir de base à l’élaboration d’une vision nationale concertée de l’après-pétrole. Parmi les recommandations phares : le renforcement de la synergie entre les secteurs économiques ; l’adoption de la culture de la starisation des PME et entreprises qui réussissent la mobilisation des financements internationaux (SEFA, Fonds Vert, Fonds Bleu…) ; la création d’institutions dédiées à la transition énergétique ; la promotion de l’éducation sur la transition énergétique, les thématiques émergentes et les nouvelles technologies, de la formation, de la recherche et de l’innovation ; une meilleure implication des communautés locales et des femmes dans la gouvernance de la transition ; promouvoir l’utilisation des matériaux à bas carbone et des techniques d’exploitation minière à faible impact ; renforcer le boulevard énergétique du Congo au moyen de la réalisation des micro barrages et du développement des énergies renouvelables à travers les énergies solaires, éoliennes, hydrauliques, géothermiques et de biomasse…

 

L’APRÈS PÉTROLE, Un APPEL À L’ENGAGEMENT POLITIQUE ET CITOYEN

 

« La transition énergétique n’est pas qu’un slogan. Elle doit devenir une réalité politique et économique », a martelé Christian MOUNZÉO, appelant à une mobilisation de tous les acteurs au Congo. Les participants ont unanimement reconnu que la réussite de cette mutation dépendra à la fois d’une volonté politique forte, d’un cadre institutionnel adapté, et de la participation active de toutes les composantes de la société congolaise.

Avec cette table ronde, le Congo, à travers la RPDH, lance un signal fort : celui d’un pays qui veut anticiper les transformations mondiales liées à la fin des énergies fossiles et qui s’engage sur le chemin complexe mais nécessaire de la transition énergétique et de la diversification économique.

Le défi sera désormais d’opérationnaliser ces engagements avec une volonté politique affirmée, déterminée et des mécanismes de financement adaptés.

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