Semaine de la langue française et de la Francophonie : l’AUF Congo lance le débat sur l’état de la langue française au Congo.
- EducationEnseignement Supérieur
- 21 mars 2025
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Événement culturel annuel tenu en mi-mars, la Semaine de la langue française et de la Francophonie est célébrée à travers le monde entier. À l’occasion de cette célébration, le Bureau national AUF-Congo a prévu organiser plusieurs activités qui permettront aux amateurs et sachant de la langue de Molière de mettre en exergue les valeurs chevaleresques prônées par la Francophonie. Le 20 mars qui en est le point d’orgue, une table ronde a été initiée à Brazzaville sur le thème “ État de la langue française au Congo ”. Plusieurs étudiants ont profité de l’expertise, du savoir et des enseignements des différents panelistes chevronnés en la matière sur la langue française.
Le panel était constitué des sachants de l’Alma Mater de l’Université Marien NGOUABI à savoir : les Professeurs Edouard NGAMOUNTSIKA (Responsable AUF-Congo), Arsène ELONGO (Vice-doyen de la Faculté de Lettres, Arts et Sciences Humaines), Alain Fernande Raoul LOUSSAKOUMOUNOU (Maître de Conférence en Grammaire et Linguistique de Français / Responsable du Parcours : Master Français à l’ENS), Guellely OTSIEMA (Maître de Conférence en Grammaire et Linguistique).
Ces derniers ont expliqué aux amoureux des mots la richesse du français, ses variétés, sa richesse, ses joutes oratoires, la typologie des mots français, la connotation de certains verbes employés, les alternances codiques dans le langage parlé au Congo, le partenariat entre le français et les langues du Congo, etc.
Avec le thème de cette année “Je m’éduque, donc j’agis”, l’éducation est placée au centre de cette journée.
Pour le Mr Édouard NGAMOUNTSIKA, « le français n’est plus seulement la langue de la France mais aussi la langue commune des congolais au Congo, puisqu’il est ajouté une connotation congolaise sur bon nombre de mots et même à travers la tonalité de ceux-ci. Le français est devenu la langue congolaise au même titre que les langues nationales ethniques du Congo ».
D’où l’intérêt de la nécessité de parler de “copropriation” c’est-à-dire qu’il y a le français en partenariat avec les langues congolaises. « Le français ne va pas en concurrence avec les langues africaines. Il ne vient pas pour écraser », a-t-il précisé.
Dans son intervention, le Pr LOUSSAKOUMOUNOU a parlé d’une dynamique linguistique qui existe entre le français et d’autres langues. Ce qui amène à dire que les congolais se sont appropriés la langue française c’est-à-dire qu’ils empruntent même aux français dans le parlé et/ou vocabulaire utilisé, notamment en ajoutant parfois des mots français dans les langues congolaises que le Pr appelle par “langues inter-éthniques ou même langues endogènes”. « Toute cette variété fait partie de l’enrichissement de la langue française », a estimé le Pr LOUSSAKOUMOUNOU qui a salué la curiosité intellectuelle des étudiants au regard de multiples questions posées sur la thématique principale.
Le Pr Arsène ELONGO a également soutenu la thèse selon laquelle le français serait devenue une langue congolaise en ce sens qu’elle est utilisée dans les marchés au Congo, dans le dialogue entre commerçants et clients, et même dans les publicités au niveau national. « Il faut être fier de cela puisqu’il y a une dimension sociale de cette langue, tenant compte de la création des nouveaux mots, la syntaxe, la sémantique ; question de renouveler la langue », avoue-t-il car selon lui, « une langue qui n’emprunte pas est une langue morte ».

À cette Semaine de la langue française et de la francophonie, l’objectif majeur est de contribuer au rayonnement de la langue française et de la francophonie. Il sera aussi question d’échanger sur les défis et opportunités, le partage d’expériences et les bonnes pratiques de l’AUF. Parmi les activités déjà tenues et prévues, figurent : la conférence sur le thème “Renforcer des compétences en IA : éducation, formations et certifications”, la découverte de la Francophonie par le rire et le slam, des échanges avec les entrepreneurs, écrivains et scientifiques francophones de renom au Congo, Jeu-concours libre de conjugaison, Conférence débat sur le thème “Le français parlé et écrit des apprenants congolais”, Un café du savoir sur la poésie en français et l’utilité des poètes (31/03/25).
Pour le Mr Édouard NGAMOUNTSIKA, « le français n’est plus seulement la langue de la France mais aussi la langue commune des congolais au Congo, puisqu’il est ajouté une connotation congolaise sur bon nombre de mots et même à travers la tonalité de ceux-ci. Le français est devenu la langue congolaise au même titre que les langues nationales ethniques du Congo ».