À BRAZZAVILLE, L’AFRIQUE PRESSE LES BAILLEURS DE FINANCER L’ÉRADICATION DE LA PESTE DES PETITS RUMINANTS D’ICI 2030

À BRAZZAVILLE, L’AFRIQUE PRESSE LES BAILLEURS DE FINANCER L’ÉRADICATION DE LA PESTE DES PETITS RUMINANTS D’ICI 2030

En marge des Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) tenues du 25 au 29 à Brazzaville (République du Congo),  l’Union Africaine, à travers le Bureau interafricain des ressources animales (UA-BIRA), et l’UA-PANVAC, avec l’appui de la FAO et de l’OMSA, a réuni le 27 mai à Kintelé, décideurs politiques, institutions financières, partenaires techniques et représentants des éleveurs autour d’un objectif ambitieux : mobiliser davantage d’investissements pour éradiquer la Peste des Petits Ruminants (PPR) en Afrique d’ici 2030.

 

La PPR est une maladie virale hautement contagieuse qui touche les moutons et les chèvres. Elle entraîne chaque année en Afrique des pertes estimées entre 480 et 840 millions de dollars.

Au-delà de la santé animale, ses impacts sont lourds : baisse des revenus ruraux, insécurité alimentaire, recul du commerce du bétail et aggravation de la pauvreté, notamment dans les zones arides et semi-arides.

L’APPEL DE L’UA : PASSER AUX FINANCEMENTS CONCRETS

Pour le Commissaire de l’Union africaine en charge de l’agriculture, Moses VILAKATI, la priorité est claire : « Nous devons passer du plaidoyer à l’action, des engagements aux financements et des financements aux résultats. »

Il a rappelé que les petits ruminants constituent un actif vital pour des millions de ménages africains, particulièrement vulnérables aux chocs climatiques.

« En investissant dans l’éradication de la PPR, nous investissons dans une économie rurale forte, la sécurité alimentaire et des systèmes résilients au climat », a-t-il souligné.

 

LE CONGO FACE À UNE RÉALITÉ SANITAIRE CONCRÈTE

Représentant le ministre congolais de l’Agriculture, le Directeur général de l’Élevage, N’Kaya Tobi, a rappelé que la PPR reste une menace réelle dans le pays.

« Cette maladie n’est pas une vue de l’esprit », a-t-il indiqué, avant de souligner que les campagnes de vaccination ont permis de limiter les dégâts, mais que les moyens restent insuffisants.

Pour lui, « lutter contre cette maladie demande des efforts importants en surveillance, laboratoire et contrôle aux frontières. Les ressources ne sont pas toujours disponibles »

Le responsable congolais a ainsi plaidé pour un engagement accru des partenaires financiers, notamment de la BAD.

LES ÉLEVEURS APPELLENT À L’URGENCE

Au Nigeria, le représentant des éleveurs Jalo BUBA a décrit l’impact direct de la maladie : « Quand la maladie frappe, nous perdons tout. Tous les animaux disparaissent. L’investissement est perdu. »

Selon lui, les conséquences touchent toute la société rurale : éducation, revenus des femmes et emploi des jeunes.

« Les petits ruminants font partie de l’économie africaine. Les partenaires doivent investir maintenant, pas demain. », souligné ce dernier.

 

L’UNION EUROPÉENNE RENFORCE SON ENGAGEMENT

L’UE a réaffirmé son soutien au programme panafricain d’éradication de la PPR.

Selon l’Ambassadeur de l’UE au Congo, Anne Marchal, « une deuxième phase du programme est en cours de préparation pour un montant de 40 millions d’euros. »

Elle a insisté sur l’importance de combiner financement et sensibilisation : « Sans les financements et sans l’information, nous n’arriverons pas à grand-chose. »

Et a rappelé le rôle économique du petit élevage : « le petit ruminant, c’est le compte d’épargne du pauvre. »

 

LE TCHAD PLAIDE POUR UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE

Le ministre tchadien de l’Élevage, Awat Atteib Abderrahim, s’est montré optimiste sur l’objectif 2030. 

« Rien n’est impossible pour nous Africains », rappelle ce dernier qui a appelé à une mobilisation conjointe entre États et partenaires.

« Nous allons mettre nos moyens financiers, techniques et nos compétences pour éradiquer cette maladie », a confirmé le ministre, insistant sur le principal frein : « les techniciens et experts existent. Ce qui manque aujourd’hui, ce sont les moyens financiers ».

 

UNE PRIORITÉ : TRANSFORMER L’ENGAGEMENT EN ACTION

À Brazzaville, les participants ont unanimement appelé à faire évoluer la lutte contre la PPR vers un investissement structuré et financé, au service de la sécurité alimentaire, du développement rural et de la résilience climatique.

À quatre ans de l’échéance de 2030, le message est clair : sans financement massif, l’éradication restera hors de portée… 

 

▪️Photos 1, 3, 4, 5, 7 + Image de couverture : ©️ Mariam Ouédraogo (AU-IBAR).

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