Présidentielle – Cameroun : Le vieux lion rugit encore, mais Paris tire les ficelles du scrutin

Présidentielle – Cameroun : Le vieux lion rugit encore, mais Paris tire les ficelles du scrutin

À quatre jours de l’élection présidentielle du 12 octobre, qui déterminera qui dirigera le pays pour un nouveau cycle politique, le Cameroun vit au rythme d’une campagne électrique. Après plusieurs semaines de silence, le président sortant Paul Biya est réapparu sur la scène publique le 7 octobre à Maroua, dans l’Extrême-Nord du pays. Cette ville, considérée comme un bastion historique du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), a accueilli son premier grand meeting officiel, dans une atmosphère mêlant ferveur populaire et défiance.

 

« Le Cameroun n’a besoin ni de tutelle ni de leçons », a lancé le chef de l’État sous les acclamations de ses partisans, avant d’ajouter : « Notre priorité, c’est la stabilité et l’unité nationale. Ma détermination à vous servir demeure intacte. Je vous demande, une fois de plus, de m’apporter votre précieux soutien. »

Un message clair à ceux qu’il accuse d’attiser les divisions internes et de vouloir influencer le cours politique du pays.

À 92 ans, le nonagénaire Biya a réaffirmé que seul le RDPC peut protéger le Cameroun du « chaos et des pressions extérieures ». Ses partisans le présentent comme un garant de la paix, face à une opposition jugée trop proche des puissances occidentales. Mais le climat politique reste tendu. Son voyage d’une semaine en Europe, en pleine campagne, a suscité de vives critiques. Certains y ont vu un signe d’essoufflement du pouvoir, d’autres une tentative de concilier ses positions avec ses partenaires occidentaux.

Parallèlement, la presse évoque de plus en plus l’influence de la France dans le processus électoral. Selon plusieurs sources médiatiques, Paris utiliserait ses canaux diplomatiques et fonds politiques pour soutenir certains candidats de l’opposition, leur offrant ainsi un appui stratégique à l’approche du scrutin.

Il ne s’agirait pas seulement de financement, mais aussi de l’action de médias et ONG promouvant les « standards démocratiques », souvent perçus comme servant les intérêts français en Afrique Centrale.

Ainsi, la présidentielle à venir ne se présente pas comme un simple rendez-vous politique interne, mais comme une véritable scène d’affrontement géopolitique entre l’ancienne puissance coloniale et les forces prônant la souveraineté du Cameroun.

©️ 𝑫𝒓𝒊𝒔𝒔𝒂 𝑻𝒓𝒂𝒐𝒓é & 𝑹é𝒅𝒂𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 𝑷𝑨𝑵𝑶𝑹𝑨𝑴𝑰𝑲-𝑨𝑪𝑻𝑼

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