1ères Journées Scientifiques de la SCCE : Brazzaville au cœur de la réflexion sur l’épilepsie post-AVC
- SantéSociété
- 3 novembre 2025
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La capitale congolaise a accueilli, du 28 au 30 octobre 2025, les premières journées scientifiques de la Société Congolaise contre l’Épilepsie (SCCE), consacrées au thème : « Épilepsie post-accident vasculaire cérébral : quelles perspectives dans la prise en charge ? ». Organisé en partenariat avec la Faculté des Sciences de la Santé (FSSA) et le Ministère de la Santé et de la Population, l’événement a réuni médecins, chercheurs, psychologues et étudiants autour d’un même objectif : améliorer la compréhension et la prise en charge clinique, psychologique et sociale de l’épilepsie post-AVC.
« Ces journées sont une messe scientifique qui réunit la médecine, la psychologie, la linguistique et la sociologie. Comprendre le cerveau, c’est aussi comprendre le langage et la résilience », a déclaré le Pr Hugues EKOUELE MBAKI, président du comité d’organisation.
DES ÉCHANGES RICHES ET PLURIDISCIPLINAIRES
Les conférences ont mis en lumière les avancées récentes dans le diagnostic et le traitement de cette pathologie.
Le Pr MOYIKOUA R. a souligné le rôle clé de l’imagerie médicale pour localiser les lésions responsables des crises : « L’IRM permet de localiser précisément les lésions cérébrales responsables des crises. C’est un outil déterminant, même si son coût et sa disponibilité restent des défis. »
De son côté, le Dr SOUNGA BANDZOUZI a rappelé l’importance de l’électroencéphalogramme (EEG) : « L’EEG est essentiel pour identifier les crises cliniques ou silencieuses, orienter la prise en charge et éviter les erreurs de diagnostic. »
Les échanges ont également abordé les aspects psychosociaux : stigmatisation, dépression post-AVC et adaptation familiale et d’autres thématiques, rappelant que la maladie touche autant l’esprit que le corps.

L’un des invités d’honneur, le Pr Athanase MILLOGO, neurologue burkinabé, a livré un message fort : « L’épilepsie post-AVC est fréquente, mais elle se soigne. Le diagnostic doit être précis, le traitement rigoureux et bien suivi. Il ne faut pas introduire un traitement d’épreuve sans preuve clinique. » Sur la stigmatisation encore présente, il a ajouté : « L’épilepsie n’est pas contagieuse. C’est une maladie neurologique qui se soigne ». On peut assurer un traitement efficace de cette maladie, a-t-on appris, puisque, dit-il, « c’est une question de sensibilisation et de confiance dans la médecine ».
Pour le Pr Ghislain Armel MPANDZOU, président de la SCCE : « Les maladies neurologiques, notamment l’AVC et l’épilepsie, sont un enjeu majeur de santé publique. Ces journées visent à renforcer les compétences et à créer des synergies interdisciplinaires ».
Le Pr ATIPO IBARA B. I., Doyen de la FSSA et parrain scientifique, a salué une avancée importante : « La neurologie ne se limite pas à la science du cerveau, elle est aussi une science du lien et de la résilience. Derrière chaque pathologie, il y a une personne, une famille, un parcours de vie. »
Il a également annoncé la prochaine ouverture d’un DESS de neurologie à la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université Marien Ngouabi, une étape décisive pour la formation locale des neurologues.

Ces premières journées scientifiques ont marqué un tournant pour la neurologie congolaise. En réunissant cliniciens, médecins, chercheurs, étudiants, acteurs de la santé, la SCCE pose les bases d’une prise en charge intégrée de l’épilepsie post-AVC, alliant médecine, psychologie et sciences sociales.
Capitale africaine du savoir médicale, Brazzaville s’impose ainsi comme un carrefour africain de la réflexion scientifique et humaine sur les maladies du cerveau.