Gaza : la famine officiellement déclarée, l’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat
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- 27 août 2025
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ROME/GENÈVE/NEW YORK, 22 août 2025.
Pour la première fois au Moyen-Orient, une famine est officiellement confirmée : plus d’un demi-million de personnes à Gaza font face à l’inanition, à la malnutrition aiguë et à des décès évitables, selon une nouvelle analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) publiée jeudi. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’UNICEF alertent : sans cessez-le-feu immédiat et accès humanitaire sans entrave, la catastrophe va s’aggraver dans les prochains jours.
UNE SITUATION « CATASTROPHIQUE »
D’après les projections, la famine déjà constatée dans la ville de Gaza devrait s’étendre rapidement aux gouvernorats de Deir el-Balah et de Khan Younès. Plus de 640 000 personnes seront confrontées à des niveaux extrêmes d’insécurité alimentaire (phase 5 de l’IPC) d’ici fin septembre, tandis que 1,14 million seront en situation d’urgence (phase 4) et près de 400 000 en crise (phase 3).
Dans certaines zones, notamment le nord de Gaza, l’absence de données fiables empêche toute classification, mais les agences de l’ONU estiment que la situation y est « tout aussi grave, voire pire ».
ENFANTS ET FEMMES ENCEINTES EN PREMIÈRE LIGNE

La malnutrition progresse à un rythme alarmant. En juillet, plus de 12 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë ont été recensés, un chiffre record, multiplié par six depuis janvier. Près d’un quart d’entre eux présentent une forme sévère, la plus mortelle.
Le nombre d’enfants exposés à un risque de décès lié à la malnutrition pourrait tripler d’ici juin 2026, atteignant 43 400. Les femmes enceintes et allaitantes en danger de malnutrition sévère sont également passées de 17 000 à 55 000.
« Désormais, la famine est une terrible réalité pour les enfants », déplore Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF.
Presque 98 % des terres cultivées de Gaza sont aujourd’hui endommagées ou inaccessibles, détruisant l’agriculture et la production locale. Neuf habitants sur dix ont été déplacés plusieurs fois, les prix alimentaires explosent et les populations n’ont ni eau, ni combustible, ni médicaments.
Le système de santé s’est effondré, tandis que les maladies infectieuses se propagent rapidement.
« Même une simple diarrhée peut devenir mortelle », alerte le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.
UN APPEL URGENT À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
Pour les agences onusiennes, seule une trêve durable permettra d’acheminer massivement de l’aide. Elles réclament aussi le rétablissement des services essentiels, de la production alimentaire locale et la protection des hôpitaux.
« L’accès à la nourriture n’est pas un privilège, c’est un droit humain fondamental », martèle Qu Dongyu, Directeur général de la FAO.
Le PAM insiste pour sa part sur « l’urgence d’un accès humanitaire complet » et la mise en place de systèmes de distribution sûrs.
©️ Photos : UNICEF