Premières Journées scientifiques sur l’épilepsie post-AVC : les experts du Congo unis pour une meilleure prise en charge

Premières Journées scientifiques sur l’épilepsie post-AVC : les experts du Congo unis pour une meilleure prise en charge

  • Santé
  • 29 octobre 2025
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 À l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC, la Société Congolaise contre l’Épilepsie (SCCE) a lancé, le 28 octobre 2025 à Brazzaville, les Premières Journées scientifiques sur le thème : « Épilepsie post-accident vasculaire cérébral : quelles perspectives dans la prise en charge ? ». Organisé en partenariat avec la Faculté des Sciences de la Santé (FSSA), l’événement rassemble médecins, chercheurs et étudiants pour mieux comprendre, soigner et sensibiliser face à cette pathologie encore trop stigmatisée. L’objectif global : renforcer les connaissances, briser les tabous et améliorer la qualité de vie des patients.

 

La première journée a permis d’aborder trois volets essentiels : le diagnostic clinique et la neuro-imagerie, la rééducation fonctionnelle et cognitive, ainsi que l’éducation thérapeutique et sociale.

Le Dr DOUNGOU GALLOUO Davelle, spécialiste en médecine physique et réadaptation au CHU de Brazzaville, a rappelé l’importance de la rapidité dans le diagnostic et la rééducation : « L’AVC est une urgence. Plus on agit tôt, plus on limite les séquelles. La rééducation doit commencer dans les 24 heures suivant l’accident. Le cerveau, c’est le temps : chaque minute compte pour sauver des neurones. »

Elle a également insisté sur les signes précoces à surveiller : difficulté à parler ou à bouger un bras ou une jambe, qui doivent alerter et pousser à consulter rapidement.

 

Déconstruire les tabous et adapter le discours médical

Pour le Pr Agrégé Josué DIATEWA, neurologue et membre du comité scientifique, ces journées visent à créer une synergie entre personnels de santé et chercheurs afin d’offrir un soin complet et intégré aux patients, tout en valorisant la recherche locale. « Beaucoup de malades se sentent exclus parce que le message médical ne leur parle pas. Le médecin doit savoir utiliser des mots simples, des gestes, des mimiques. Il y a le traitement médicamenteux, mais aussi le traitement humain, par l’écoute et l’attitude », a-t-il expliqué.

 Selon lui, la stigmatisation reste un obstacle majeur : « L’épilepsie post-AVC n’est ni contagieuse ni honteuse. Avec un suivi adapté, les patients peuvent vivre normalement. »

 

Lors de l’atelier « Adapter le discours médical aux réalités culturelles et linguistiques des patients », le Pr Édouard NGAMOUTSIKA, responsable du bureau national AUF Congo, a souligné l’importance d’adapter le langage et l’attitude des praticiens aux contextes socioculturels des malades.

 « J’ai aidé les médecins à mieux adapter leur manière d’apporter l’information et le diagnostic à un patient. Par des mots simples, des gestes et des mimiques appropriées, le médecin peut désamorcer la peur et faciliter la compréhension du traitement », a-t-il précisé.

 

Dans son discours de parrainage portant “Alignement stratégique des journées scientifiques avec les priorités académiques et scientifiques nationales et régionales”, le Pr ATIPO IBARA B.I, Doyen de la FSSA, a salué cette initiative qui conjugue rigueur scientifique, innovation pédagogique et engagement sociétal : « Ces journées traduisent notre vision : bâtir une science enracinée dans nos réalités, ouverte sur le monde et utile à la société. »

 Il a rappelé les priorités stratégiques de la Faculté, résumées par l’acronyme I.D.E.E. : Innovation et impact sociétal, Développement de la recherche, Éducation communautaire et Excellence dans la formation.

Ces Premières Journées marquent une étape décisive dans la mobilisation de la communauté médicale congolaise autour de l’épilepsie post-AVC. La SCCE entend produire des données locales, influencer les politiques publiques et créer des ponts entre chercheurs, cliniciens et décideurs.

  « Ce n’est qu’un premier pas, mais il est décisif. Nous devons poursuivre la recherche, renforcer la sensibilisation et mobiliser tous les acteurs de santé », a indiqué le Pr DIATEWA.

 

 

Les travaux se poursuivent jusqu’au 30 octobre avec plusieurs communications scientifiques sur la prise en charge spécialisée, les axes psychosociaux et linguistiques, la santé publique, la psychologie et la sociologie de la santé, ainsi que la prévention communautaire… Une cérémonie de clôture viendra consacrer cette mobilisation nationale et formuler des recommandations pratiques pour une santé cérébrale intégrée et inclusive.

  « L’épilepsie n’est pas une fatalité. Avec un suivi régulier, une rééducation adaptée et un traitement approprié, il est possible de vivre normalement. N’ayez pas peur, parlez-en à votre médecin », a rappelé le Pr Josué DIATEWA.

 

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