COMMERCE INFORMEL ET ZLECAf : L’ASBY DU CAMEROUN TEND LA MAIN AUX FEMMES ENTREPRENEURES CONGOLAISES

COMMERCE INFORMEL ET ZLECAf : L’ASBY DU CAMEROUN TEND LA MAIN AUX FEMMES ENTREPRENEURES CONGOLAISES

Le 30 mai à Brazzaville, une rencontre d’échanges à forte portée socio-économique a réuni des actrices du commerce informel de l’Association des Bayam-Selam du Cameroun (ASBY) et des représentantes de plusieurs associations féminines congolaises. Organisée sous la coordination de Dominique Matondo, président du Conseil de Concertation des Organisations de Développement (CCOD), cette séance de travail a porté sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

 

Créée en 2004 au Cameroun, l’Association des Bayam-Selam (ASBY) est une organisation à but non lucratif qui fédère les acteurs du secteur informel, notamment les commerçants, agriculteurs, éleveurs, transporteurs et transformateurs. Son ambition est de professionnaliser les activités économiques de proximité, moderniser les circuits de distribution et renforcer l’autonomisation économique des femmes.

La délégation camerounaise était conduite par sa présidente fondatrice, Marie Mbala Biloa, accompagnée de Grace Athe, vice-présidente nationale chargée du monde rural, d’Achille Edmond Mevo, conseiller technique de la présidente, ainsi que de Ruth Bianka.

Face aux femmes entrepreneures congolaises issues de divers secteurs d’activités, les responsables de l’ASBY ont partagé plus de vingt ans d’expérience dans l’organisation et l’accompagnement des commerçantes du secteur informel. Reconnue d’utilité publique au Cameroun depuis 2016, l’association est aujourd’hui considérée comme un acteur majeur de la promotion économique des femmes.

Selon les échanges, l’objectif est clair : encourager la mise en place d’une antenne nationale de l’ASBY au Congo afin de reproduire un modèle déjà expérimenté avec succès ailleurs en Afrique. Cette future structure aurait pour mission de fédérer les femmes entrepreneures, commerçantes, agricultrices et transformatrices autour d’une organisation commune capable de défendre leurs intérêts, de faciliter leur accès aux financements et de renforcer leur participation aux opportunités offertes par la ZLECAf.

 

Assise à gauche la présidente de l’ASBY

« Les femmes des marchés ne sont pas marginales, elles sont le moteur de nos économies. Lorsqu’elles sont organisées, formées et accompagnées, elles deviennent une véritable force de transformation sociale et économique », a déclaré Marie Mbala Biloa.

 

Au cours des échanges, plusieurs initiatives portées par l’ASBY ont été présentées, notamment la construction de marchés modernes et écologiques, la mise en place de mécanismes de financement adaptés aux commerçantes, ainsi que le développement d’un réseau économique féminin à l’échelle régionale.

L’organisation camerounaise entend également tirer pleinement parti des opportunités offertes par la ZLECAf afin de favoriser les échanges commerciaux entre les pays d’Afrique centrale et de promouvoir une meilleure circulation des produits locaux sur les marchés régionaux.

Pour Dominique Matondo, cette initiative pourrait contribuer à renforcer la cohésion des organisations féminines congolaises et à améliorer leur accès aux marchés régionaux.

 

Le Président du CCOD debout expliquant aux congolaises l’intérêt de cette opportunité.

« Nous avons besoin de nous structurer davantage pour être plus forts. Aujourd’hui, chacun évolue souvent de son côté. Ce partenariat peut nous permettre d’apprendre de l’expérience camerounaise et d’ouvrir de nouvelles perspectives commerciales pour les femmes congolaises », a-t-il souligné.

 

Au-delà du partage d’expériences, la rencontre a permis d’esquisser les bases d’une future coopération entre les femmes entrepreneures des deux pays. Les participantes ont notamment évoqué la création d’un réseau permanent de travail, l’organisation de formations et la participation des Congolaises aux grandes rencontres économiques prévues au Cameroun.

À travers cette démarche, l’ASBY ambitionne de “bâtir un réseau régional capable de transformer progressivement le secteur informel en un levier de développement durable, d’intégration économique et de création de richesses pour les femmes africaines”.

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